« Le Tigre blanc »: Ramin Bahrani fait rugir le cinéma indien loin des paillettes de Bollywood

NETFLIX La comédie féroce s’allie au drame social autour de l’ascension d’un chauffeur indien dans « Le Tigre blanc », disponible dès vendredi sur Netflix

Caroline Vié
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Le choix de Caro : Le Tigre blanc, ce n'est pas du Bollywood — 20 Minutes
  • Un chauffeur bafoué par ses employeurs décide de se révolter dans le film « Le Tigre blanc », disponible dès vendredi sur Netflix.
  • Ramin Bahrani, le réalisateur de « 99 Homes », signe un film aussi sombre que drôle pour décrire son parcours.
  • Loin des paillettes de Bollywood, il fait découvrir la réalité de l’Inde dans les années 2000.

Quelle excellente surprise que Le Tigre blanc de Ramin Bahrani, disponible sur Netflix ce vendredi ! L’ascension sociale tumultueuse d’un chauffeur dans l’Inde de 2008 tire son inspiration d’un roman d' Aravin Adiga, auteur que le réalisateur côtoie depuis son enfance.

« Je ne connaissais pas l’Inde quand j’ai lu le livre, confie le réalisateur de 99 Homes (2015) et Fahrenheit 451 (2018) à 20 Minutes. Ce qui m’a fait accrocher à l’histoire est que je pouvais comprendre le héros et le processus qui le fait passer de serviteur dévoué à assassin arriviste. » Ce jeune homme incarné par un inconnu talentueux, Adarsh Gourav, suit un chemin tortueux avant de se révolter contre des employeurs odieux.

Résolument politique

« Il serait peut-être resté un chauffeur heureux de son sort s’il avait été traité décemment, commente Ramin Bahrani. Mais il se rebelle quand sa condition lui devient insupportable et que l’affection qu’il place en ses maîtres est bafouée. »

Contraint de s’accuser d’un accident dont il n’est pas responsable, le héros finit par comprendre qu’il ne pourra échapper à sa condition misérable qu’en se vengeant de ses employeurs. « Mon film est résolument politique, précise Ramin Bahrani. S’il s’inscrit dans la réalité de l’Inde au début des années 2000, je crois que ce qu’il raconte est universel. »

Un tigre aussi drôle que féroce

Ramin Bahrani fait montre d’un humour féroce pour décrire l’ascension sociale d’un garçon pauvre, discret et ambitieux. Bien que son personnage puisse agir de façon plus que discutable, il parvient à le rendre rattachant.

« C’était la principale difficulté de ce projet, précise-t-il. Rendre attachant un garçon qui peut se conduire de façon inacceptable et retrouver le mélange d’humour et de férocité du roman. » Les changements de ton du film sont l’un des atouts majeurs de Tigre blanc.

Dans le bon sens

Tantôt étonnamment candide, comme lorsqu’il découvre le bonheur de se brosser les dents, ou incroyablement dur face à un autre chauffeur qu’il fait congédier, le héros doit louvoyer pour survivre.

« Sa réussite finale est bâtie sur des actes honteux mais la façon dont il traite ses propres employés montre que les choses évoluent dans le bon sens », insiste Rami Bahrani. Son film prend le spectateur aux tripes pour suivre ce parcours atypique loin des paillettes de Bollywood.