Mort de Claude Brasseur : Nos lecteurs saluent « un grand homme » et un « comédien attachant » au timbre de voix mémorable

VOS TEMOIGNAGES Des rôles marquants, rencontres agréables en tournage… Nos internautes gardent de beaux souvenirs du comédien décédé mardi

S.A.
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Claude Brasseur sur le tournage de « Camping 2 » de Fabien Onteniente, à Arcachon, en août 2009.
Claude Brasseur sur le tournage de « Camping 2 » de Fabien Onteniente, à Arcachon, en août 2009. — ALAIN GUIZARD/SIPA
  • L’immense comédien Claude Brasseur s'est éteint mardi 22 décembre à l'âge de 84 ans.
  • Au travers plus de 110 films, sept séries et une longue carrière sur les planches, il s’est illustré dans de nombreux rôles comme « Les Nouvelles Aventures de Vidocq », « Un éléphant ça trompe énormément », « La Boum » et « Camping », marquant deux générations.
  • Le comédien et acteur a été couronné de deux César : celui du meilleur acteur dans un second rôle dans « Un éléphant ça trompe énormément » et celui du meilleur acteur pour son rôle dans « La Guerre des polices ».

Le monde du 7e art pleure encore l’un de ses monstres sacrés. Après Jean Rochefort, Guy Bedos, Victor Lanoux et Danièle Delorme, Claude Brasseur s’en est allé, mardi 22 décembre. L’immense comédien et acteur, qui a tourné pour les caméras des plus grands sur petit et grand écran et été salué de nombreuses fois sur les planches, laissera à nos lecteurs d’immuables souvenirs.

En 1978, Christian croise Claude Brasseur à quelques pas de son village dans le 77, en plein tournage d’Une histoire simple. Il se souvient de cet homme qui, en fin d’après-midi, marchait « seul, les mains dans les poches, laissant libre cours à son imagination. C’était une personne, comme le film qu’il tournait, 'simple', bien qu’en aucun moment je me sois permis de le déranger ». Il n’est pas le seul à avoir rencontré l’acteur césarisé pour son rôle dans La Guerre des polices en chair et en os. Fabrice, « qui aimait déjà bien l’acteur », n’a pas été déçu par l’homme « simple mais avec des opinions qu’il défendait en se fichant complètement de ce que l’on pourrait penser de lui », avec qui il a passé 15 minutes dans le fumoir d’une boîte de nuit à Saint-Tropez en 2006.

Un artiste qui « n’avait pas la grosse tête »

Dominique et Jean-Christophe nous ont partagé des anecdotes avec Claude Brasseur dans des hôtels. Le premier, à La Valette dans l’île de Malte pendant le tournage des Loups en eux. Pendant que tout le monde s’habillait très classe pour aller dîner au restaurant de l’établissement « il allait manger en jean bermuda, tee-shirt et walkman sur les oreilles, personne n’a osé lui dire quoique ce soit », raconte-t-il en décrivant un homme « très abordable qui n’avait pas la grosse tête ». Le second nous révèle une histoire capillaire, contée par sa mère, qui travaillait dans un hôtel où le joyeux comédien a séjourné plusieurs jours : « il avait les cheveux frisés et allait se les faire lisser chaque jour chez un coiffeur ».

Amoureux du Dakar, Claude Brasseur a été copilote à six reprises dans le rallye-raid. C’est à cette occasion en 1983 que Jackie l’a aperçu au volant de son bolide, « très sympa malgré la fatigue » sur son visage rougi par la chaleur du désert, à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. Nathalie, quant à elle, chérit un autographe du comédien obtenu par son père, gendarme. « La femme de Claude Brasseur était venue lui demander un renseignement », se rappelle-t-elle, saluant ce monsieur qui fait « désormais partie de la nostalgie d’aujourd’hui comme Louis Jouvet et bien d’autres ».

Le Vidocq de leur jeunesse

Plusieurs de nos lecteurs et lectrices comme Manuel et Pascal pleurent « le Vidocq de leur enfance », un morceau de leur jeunesse. « J’avais 7 ans et je découvrais mes premières séries télés », nous confie Christophe, qui adorait l’éternelle rivalité de l’ancien bagnard devenu policier avec la baronne Roxane de Saint-Gély. Tous espèrent que Les Nouvelles Aventures de Vidocq seront prochainement rediffusés en l’hommage de Claude Brasseur.

Sylvie, comme Philippe et Martine, garde une pensée émue pour la famille du comédien, et particulièrement son fils Alexandre « qui lui ressemble beaucoup et continuera à porter haut le nom de Brasseur ». De père (Pierre Brasseur, le patriarche) en fils, « cette famille ne nous laisse que de bons souvenirs », ajoute Marie-José. Jacques « salue la modestie de ce grand acteur alors qu’il était le fils d’immenses acteurs ».

Une voix rocailleuse et un humour à toute épreuve

Qui dit Claude Brasseur, dit une voix rocailleuse remarquable et inoubliable. Une particularité qui a marqué beaucoup de nos internautes. Alain se souvient l’avoir entendu sur scène dans « Le dîner de cons » avec Jacques Villeret. « C’est une des rares pièces qui me fait encore rire », nous avoue-t-il, en lui souhaitant un bon voyage dans l’au-delà. Eve-Marie, qui loue la prestance du comédien, garde aussi un bon souvenir de cette pièce de théâtre et notamment d’une scène où « un fou rire l’a obligé à sortir de scène au moment de donner la réplique à Jacques Villeret, un Phillipe Clay se mordant l’intérieur de la joue, résistant à l’envie de le suivre dans son fou rire ».

Fabienne est « très triste » de voir l’un de ses comédiens préférés s’en aller. « Enfant j’ai certainement découvert Claude Brasseur dans Monsieur Papa, joli film avec Nathalie Baye », nous écrit-elle. « Pour moi qui ai l’âge de Sophie Marceau, ce fut évidemment le père de Vic ! », ajoute-t-elle. Fan également de La Boum, Amélie a pu lui faire part de son admiration lors du festival « un réalisateur dans la Ville » à l’été 2016 à Nîmes et offrir des bonbons « au père formidable qu’il était pour Victoire Berreton et grâce à qui j’ai eu moins peur des dentistes », nous dit-elle.

Jean-Eudes a, pour sa part, été très marqué par le film controversé Descente aux enfers où Claude Brasseur et Sophie Marceau forment un couple torride. « Difficile de voir ces deux acteurs en couple après La Boum », fait-il remarquer. Il cite également son personnage de Jacky Pic dans Camping, qui l’a fait connaître aux plus jeunes. Swan nous partage son coup de cœur pour le film L’étudiante et la complicité entre Monsieur Henri et Constance, la jeune pianiste qu’il aide à rentrer à l’école de musique. Roselyne, qui a découvert le comédien à 12 ans en Sganarelle dans le Dom Juan de Marcel Bluwal, rend hommage à un grand acteur, digne fils de son père. « La scène française perd un de ses Grands, encore », déplore-t-elle. Comme nous.