« Uncle Frank » : Le créateur de « Six Feet Under » Alan Ball sort son oncle du placard

PRIME VIDEO Alan Ball livre une belle histoire de famille et de « coming out » dans les années 1970 avec « Uncle Frank » disponible ce mardi sur Amazon Prime

Caroline Vié

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«Le Choix de Caro»: Pourquoi on adore «Uncle Frank», d'Alan Ball — 20 Minutes
  • « Uncle Frank » décrit le « coming out » douloureux d’un enseignant homosexuel de retour dans sa famille du sud des Etats-Unis.
  • Le créateur de « Six Feet Under » et « True Blood » s’est inspiré de son pèrepour écrire cette histoire.
  • Ce film tendre et lumineux a reçu le Prix du Public au Festival de Deauville.

Pas facile d’assumer son homosexualité dans l’Amérique rurale des années 1970. Uncle Frank d’ Alan Ball partage la douleur d’un enseignant de retour dans sa famille après la mort de son père. Ce film tendre, deuxième long-métrage du créateur de Six Feet Under et True Blood, a remporté le Prix du Public au Festival de Deauville avant d’arriver sur Amazon Prime Vidéo ce mardi.

« J’ai pensé à mon père pour écrire ce scénario, confie le réalisateur à 20 Minutes. Ma mère était persuadée qu’il était gay et me l'a dit après qu'il soit décédé. Elle me l’a appris quand je lui ai dit que j’étais homosexuel ce qui m’a donné envie d’inventer sa vie. » L’oncle Frank, brillamment incarné par Paul Bettany, vit à New York avec son compagnon musulman (joué par Peter MacDissi) depuis des années mais ne l’a jamais présenté aux siens de peur de subir leur réaction violente. « Je sais que mon père a perdu un ami très cher qui s’est noyé dans les années 1930 sans qu’on sache s’il s’agissait ou non d’un suicide. A cette époque, l’homosexualité était considérée comme une perversion. Mon père est mort avant que j’ai pu lui en parler », précise-t-il.

Résilience et préjugés

« Uncle Frank parle de résilience et de préjugés, explique Alan Ball. Ceux de la famille du héros vis-à-vis de l’homosexualité. Mais aussi les siens pour ses proches qu’il estime être incapable d’accepter son orientation sexuelle. » La nièce de l’oncle Frank, étudiante de 18 ans, jouée par Sophia Lillis (vue dans Ça), est le lien entre ces deux mondes que les funérailles du patriarche vont contraindre à une confrontation brutale et bénéfique. « Si le voyage qu’entreprend Frank avec sa nièce et son compagnon n’est pas facile, il le libère d’un passé douloureux. Tout le monde sort grandi de cette expérience » déclare Alan Ball.

Militant et généreux

Le cinéaste reconnaît avoir signé un film militant. « Les choses ont évolué dans le bon sens mais l’homophobie n’appartient pas au passé. Il y a encore des jeunes qui se font jeter dehors par leur famille parce qu’ils sont gays », dit-il. Les spectateurs se sentent proches des trois héros. « La nièce qui s’expatrie en ville pour faire des études sort aussi du moule dans lequel on a voulu l’enfermer, insiste Alan Ball. Ce n’est pas qu’une question d’homosexualité mais des limites que votre entourage veut vous imposer et qu’il faut un certain courage pour abolir. » Parfois drôle, souvent cruel, Uncle Frank brille par un optimisme qui fait chaud au cœur. « Je le dédie à toutes celles et ceux qui ont envie de s’épanouir loin des diktats de la société », martèle Alan Ball. Cette générosité fait qu’on se sent en famille avec Uncle Frank.