« Dix pour cent » saison 4 : Le métier d’agent de stars a-t-il changé depuis le début de la série ?

SERIE De véritables agents de stars comparent leur travail à la série « Dix pour cent », qui entame ce mercredi sa quatrième saison sur France 2

Caroline Vié
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La 3e édition du festival Canneseries se clôturera par deux épisodes de la saison 4 de « Dix pour cent ».
La 3e édition du festival Canneseries se clôturera par deux épisodes de la saison 4 de « Dix pour cent ». — C.BRACHET - M.COTELLON- FTV- MONVOISIN PRODUCTION- MOTHER PRODUCTION
  • La série « Dix pour cent » fait connaître le métier d’agent de stars à un large public.
  • De véritables professionnels déclarent que leur métier est très différent de ce qui est décrit dans les épisodes.
  • Leurs responsabilités vis à vis des acteurs ont changé au fil des années.

La quatrième saison de Dix pour cent, qui déboule sur  France 2 ce mercredi, met de nouveau les agents de stars en vedette. Avec cette question sur les lèvres des cinéphiles : la vie de ces professionnels a-t-elle changé depuis le succès de cette série lancée en 2015 ?



Parmi tous les agents contactés, est-ce parce qu’il gère les intérêts en Europe de stars américaines comme Megan Fox ou Jeff Goldblum que Florent Lamy est le seul à avoir accepté de témoigner à visage découvert ? « La France est très différente des autres pays, explique-t-il. Ici, on a pris la tempête #MeToo de façon très progressive alors qu’aux Etats-Unis, il suffisait qu’une personnalité soit soupçonnée de s’être mal conduite pour que les agences la virent impitoyablement du jour au lendemain. » L’agent reconnaît pourtant s’amuser en regardant la série comme s’il s’agissait « d’une fiction très librement inspirée de ce que je vis ».

Attention discrétion !

Surprise ! Les autres agents semblaient moins enchantés par ce coup de projecteur sur leur travail. Celles et ceux que 20 Minutes a contactés se disaient souvent trop débordés pour nous répondre ou préféraient tout au moins s’exprimer sous couvert d’anonymat. « Mon métier doit rester dans l’ombre, car il consiste à mettre les artistes dans la lumière », a justifié une pointure de la profession à 20 Minutes. Pour autant, certains ont accepté de répondre à nos questions, mais masqués : « C’est à la mode », plaisante l’une d’entre eux.

Attention fiction !

« Dix pour cent correspond bien à une réalité, explique l’agent de plusieurs grosses stars françaises. Mais à celle qui avait cours dans les années 1980 quand Dominique Besnehard était une sommité dans ce domaine. Depuis qu’il ne pratique plus ce métier, les choses ont bien changé ! » L’agent n’est plus le seul à s’occuper de son client : publicistes, coiffeurs, maquilleurs, responsable de l’image font maintenant partie de l’écosystème du septième Art. « La série a un côté désuet qui fait son charme, confie une agente. Elle nous fait sourire car de nos jours, ce métier est davantage centré sur le côté financier des tractations que sur la représentation ou le conseil des stars. Seuls les fameux dix pour cent du titre de la série sont encore d’actualité. » « On n’a pas le droit de demander plus, c’est dans la législation française ! » regrette l’un de nos témoins.

Attention retour à la réalité !

Le modèle de Dominique Besnehard, découvreur de talents et créateur de Dix pour cent, fait fantasmer. « Je remarque que la série fait rêver bien des spectateurs qui s’imaginent que nous passons notre temps à boire du champagne avec leurs stars favorites, avoue une ancienne de la profession. La réalité est plus triviale, mais facile à rendre passionnante dans un scénario. » Emplois du temps en forme de casse-tête et contrats draconiens sont le lot des pros qui doivent être capables d’avoir une vue d’ensemble sur la vie professionnelle de leurs clients sur plusieurs mois voire plusieurs années.

« Je crains de vives déceptions pour celles et ceux qui se lanceraient dans cette carrière après avoir vu Dix pour cent ! Si notre boulot peut être passionnant, il n’est pas toujours glamour tant s’en faut », s’amuse encore la dame.