« Les Apparences », aussi trompeuses que dans un film d'Hitchcock

SUSPENSE Karin Viard et Benjamin Biolay vivent un cauchemar dans « Les Apparences » de Marc Fitoussi, en salle ce mercredi

Caroline Vié

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Karin Viard et Benjamin Biolay dans «Les Apparences» de Marc Fitoussi
Karin Viard et Benjamin Biolay dans «Les Apparences» de Marc Fitoussi — SND
  • Un couple d’expatriés voit son bonheur voler en éclat dans « Les Apparences ».
  • Karin Viard et Benjamin Biolay y sont pris dans un engrenage de mensonges et de tromperies.
  • On pense à un suspense à la façon d’Alfred Hitchcock devant ce thriller vénéneux.

On sait qu’il ne faut généralement pas s’y fier. Les Apparences de Marc Fitoussi illustre parfaitement ce dicton, non sans humour d’ailleurs. Un couple d’expatriés français joué par Karin Viard et Benjamin Biolay dissimule sous le vernis d’un bonheur idyllique tromperies et autres mensonges qui les mèneront jusqu’à l’irréparable. Ce thriller, librement adapté de Trahie de Karin Alvetegen, fait vivre un cauchemar à ses héros au cœur du microcosme d’une communauté d’expats dans les décors glacials de Vienne. « Ce côté milieu de notables fermé revêtait un aspect chabrolien qui me plaisait », avoue le réalisateur dans le dossier de presse. C’est surtout l’influence d’ Alfred Hitchcock, dont Claude Chabrol se réclamait également, qui plane sur cette histoire sombre.

Le couple était presque parfait

D’abord baptisé Valses de Vienne, Les Apparences a changé de titre. Pourtant, c’est bien une impression de danse macabre qui se dégage d’un récit où les personnages sont pris dans un engrenage implacable. Comme chez Hitchcock, le spectateur assiste à la déliquescence de leurs rapports tandis que leur monde s’écroule autour d’eux. Leurs choix plus que discutables les entraînent dans un cauchemar qui évoque les meilleurs films du Maître du suspense de Soupçons (1941) à Vertigo (1958).

La mort aux trousses pour les héros

Le duo de stars épaulé par d’excellents seconds rôles (Pascale Arbillot, Laetitia Dosch et Lucas Englander) fait partager sa fuite en avant à un spectateur qu’il laisse à bout de souffle. Là encore, on pense aux fugitifs de L'inconnu du Nord express (1951) ou de La Mort aux trousses (1959), tentant d’échapper à un destin implacable. Marc Fitoussi est d’ailleurs un fan de Patricia Highsmith, autrice qui a inspiré le premier de ces deux films. L’angoisse qu’il fait monter au long de son récit est d’autant plus forte, que contrairement aux héros d’Hitchcock, les siens n’ont rien de faux coupables.