« Lux Æterna » : Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle surprises par Gaspar Noé

STARS Le réalisateur Gaspar Noé a constamment étonné ses actrices pendant les cinq jours de tournage du stimulant « Lux Æterna » en salle ce mercredi

Caroline Vié

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  • Gaspar Noé a dirigé Charlotte Gainsbourg pour ce moyen-métrage présenté à Cannes en 2019.
  • La maison Yves Saint Laurent a financé le film et lui a laissé une liberté totale pour cette histoire d’un tournage qui tourne mal.
  • Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle ont pu improviser sur la trame qu’il leur a donnée.

Après la sortie d’Irréversible: Inversion intégrale le 26 août dernier, Gaspar Noé revient en salle avec Lux Æterna qui fut projeté au Festival de Cannes en 2019. Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle se donnent la réplique dans ce moyen-métrage coproduit par la maison Yves Saint Laurent dont les actrices sont les égéries.

« Un tournage se passe très mal et, à la fin, la lumière devient stroboscopique », telles étaient les deux uniques lignes du scénario écrites par Gaspar Noé. De quoi inquiéter les comédiennes avant de se lancer dans l’aventure. « Je ne me faisais pas de souci car c’était les bonnes personnes, confie Gaspar Noé. Quand on a les bonnes personnes, les fêtes se passent bien et un film est une fête. » Moins porté sur le sexe que Love ou Climax, Lux Æterna n’en est pas moins une expérience multisensorielle.

Ne rien savoir

Le tournage que décrit Lux Æterna vire plutôt au cauchemar. Béatrice Dalle, réalisatrice dépassée par les exigences d’un premier long-métrage et Charlotte Gainsbourg en star qui ne lui facilite pas la tâche plongent dans la folie en y entraînant le spectateur. Cinq nuits prises de vue ont suffi à mettre le film en boîte avec le soutien du chef opérateur Benoît Debie, fidèle collaborateur du cinéaste. « C’était marrant de ne rien savoir, confiait Charlotte Gainsbourg à la conférence de presse cannoise. Cela donne plus de courage, plus de liberté car on ne sait pas trop dans quoi on s’embarque. »

Etre soi-même

Gaspar Noé n’a pas ménagé ses interprètes. Pour un superbe plan-séquence qui fait l’ouverture du film, ses indications étaient sommaires. « Quand elles m’ont demandé ce qu’elles devaient dire, je leur ai répondu que c’était leur problème, que j’avais posé la caméra et que mon travail était donc terminé, » se souvient-il. L’improvisation à laquelle se livrent les comédiennes est d’un naturel époustouflant comme si on les surprenait au cœur d’une véritable conversation. « Les gens ne sont jamais mieux qu’en étant eux-mêmes devant la caméra, » affirme Gaspar Noé.

Stimulant et excitant

Ses producteurs ont laissé une liberté complète au cinéaste qui a décidé de monter son film en split-screen (écran divisé) où plusieurs actions se déroulent simultanément. « Il vaut mieux avoir un moyen-métrage bien concentré qu’un long-métrage traditionnel, il y a trop de films « tradis » aujourd’hui, » déclare-t-il. Voilà effectivement un adjectif qui ne saurait convenir à Lux Aeterna, film stimulant pour le cerveau et excitant pour les pupilles.