« Brutus vs César » : Un péplum sans « notion de genre ou d’ethnie », assure Kheiron

COMEDIE Kheiron assaisonne la Rome Antique à sa manière dans « Brutus vs César » disponible dès ce vendredi sur Amazon Prime Vidéo

Caroline Vié

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Kheiron  dans « Brutus vs César »
Kheiron dans « Brutus vs César » — Amazon Prime
  • Kheiron signe un péplum décalé et original, « Brutus vs César », qui sort directement sur Amazon Prime Vidéo.
  • L'acteur et réalisateur s’est entouré d’interprètes de toutes les origines et de tous les horizons.
  • Il a déjà plusieurs idées de suites en tête pour ce film.

Kheiron en Brutus. Ramzy en César. Thierry Lhermitte et  Gérard Darmon au Sénat. La Rome antique que fait vivre Kheiron dans Brutus vs César est aussi colorée que joyeusement décalée.

Décalé, ce péplum l’est à plus d’un titre. Après une sortie prévue en salle cet été, c’est finalement sur Amazon Prime Vidéo que le film atterrit ce vendredi. « Je n’ai pas d’états d’âme à ce sujet car cela permet au film d’être vu par le plus large public dans les meilleures conditions considérant la période », explique Kheiron à 20 Minutes.

Un traître un peu fragile

Le choix du péplum romain n’a pas été immédiatement une évidence pour Kheiron. « Comme j’avais envie de jouer un traître un peu fragile, j’ai d’abord pensé à Judas mais l’époque ne permet pas trop de jouer avec la religion » soupire-t-il. Après avoir renoncé à Jafar, le méchant d’Aladdin dont trop de versions ont été vues récemment, il s’est rabattu sur le « troisième traître le plus célèbre : Brutus. Je me suis demandé ce qui se passerait s’il ratait l’attentat contre César. Il vivait dans la Rome antique, donc j’ai fait un péplum romain, mais ce n’était pas ma volonté au départ. »

United Colors of Roma

L’humoriste, découvert dans la série Bref, avait déjà prouvé que le cinéma lui réussit avec Nous trois ou rien (2015) et Mauvaises herbes (2018). Il revoit ses ambitions à la hausse en réunissant un casting aussi divers que varié autour du complot fomenté pour assassiner l’empereur tyrannique. « Je ne regarde pas la couleur de peau des gens avant de choisir ma distribution et cela ne me choque pas de voir que Jésus est souvent représenté en blond aux yeux bleus, précise-t-il. J’ai enlevé toute notion de genre et d’ethnie de mon film. »

De façon naturelle

Et ça fonctionne ! Ramzy est impérial, Kheiron attendrit en conspirateur maladroit, Pierre Richard est tordant en druide gaulois à tous les sens du terme, Youssef Hajdi épatant en Vercingétorix opportuniste et Eye Haïdara martiale en légionnaire garde du corps. « Je suis pour la discrimination positive à talent égal, car cela permet d’offrir des modèles à différentes communautés en leur donnant envie de rêver et de créer » martèle-t-il. Pour autant, Kheiron se défend d’avoir voulu faire passer un message trop sérieux. « Tout cela s’est fait de façon naturelle, mes personnages ont parfois changé de couleur et genre selon les interprètes qui venaient les jouer. »

Toujours à fond

Kheiron a conçu son casting comme un puzzle dans lequel des comiques venus de toutes les générations et de tous les horizons se sont emboîtés. « Je sais que je risque de perdre un public qui n’acceptera pas ma vision, mais c’est un choix conscient : celui de faire un film différent, ouvert et qui me ressemble. » Il a déjà des idées pour des suites qui lui donneraient la possibilité de développer les personnages. « J’ai de quoi faire une dizaine de films sur cet univers » confie-t-il. Le confinement lui a réussi en lui permettant d’écrire aussi un nouveau projet « dément, rien à voir avec ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. » On n’arrête plus Kheiron qui trouve encore l’énergie de se produire sur la scène de L'Européen à Paris.