« Bourvil, c’est l’humanité et l’universalité », souligne le commissaire d’une exposition qui lui est consacré à Lille

INTERVIEW L’exposition « Le cinéma de Bourvil » rend hommage au comédien français, décédé il y a 50 ans. Elle se tient à Lille, jusqu’au 4 octobre, dans le cadre du festival CineComedies

Propos recueillis par Gilles Durand

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Pascal Delmotte, commissaire de l'exposition «Le cinéma de Bourvil», au Plais Rihour, à Lille, jusqu'au 4 octobre 2020.
Pascal Delmotte, commissaire de l'exposition «Le cinéma de Bourvil», au Plais Rihour, à Lille, jusqu'au 4 octobre 2020. — Bruno Tocaben
  • Une exposition consacrée à Bourvil, décédé il y a 50 ans, se tient à Lille jusqu’au 4 octobre 2020.
  • Environ 400 pièces y sont présentées, dont son prix d’interprétation reçu au festival de Venise.

Tout le monde connaît Bourvil, même les nouvelles générations. Et pourtant le comédien, décédé il y a 50 ans, offre encore quelques facettes inédites grâce à une exposition Le cinéma de Bourvil installée au palais Rihour de Lille, à partir de ce vendredi et jusqu’au 4 octobre*, à l’occasion du festival CineComedies. Entretien avec le commissaire d’exposition, Pascal Delmotte.

Que va-t-on retrouver dans cette exposition consacrée à Bourvil ?

Essentiellement son parcours d’acteur au cinéma. On laisse de côté la chanson et l’opérette qui étaient un autre pan de son talent. A travers 400 pièces exposées, c’est une balade dans sa carrière filmographique, de ses débuts assez méconnus jusqu’à la fin. La plus importante, c’est la coupe Volpi de la meilleure interprétation qu’il a reçue au festival de Venise en 1956 pour La traversée de Paris.

Que peut-on y voir d’autres ?

Il y a son bureau, le cornet à piston du film L’arbre de Noël, de nombreuses photos de tournage et quelques photos de jeunesse. On pourra lire des témoignages que j’ai recueillis de Gérard Oury, Laurent Terzieff ou encore Danielle Delorme. Il y a aussi trois panneaux consacrés à son amitié avec Annie Cordy pour rendre hommage à cette dernière. Je possède environ 7.000 pièces. J’aime bien les faire tourner lors des différentes expositions qu’on me demande.

Comment avez-vous commencé votre collection autour de Bourvil ?

J’ai commencé à collectionner des affiches en 1986. J’avais été fasciné par l’homme en lisant une biographie. Puis, dix ans plus tard, j’ai rencontré son fils, Dominique Raimbourg, ancien député. Nous avons sympathisé et il m’a confié les archives de son père. A partir de 1997, j’ai commencé à monter des expositions sur Bourvil.

Comment définiriez-vous Bourvil ?

C’est l’humanité, le travail et l’universalité. Je me souviens d’avoir demandé, un jour, à Philippe Noiret un témoignage. Il m’a répondu : « Je n’ai pas le temps, mais c’est pour quoi ? ». Quand je lui ai dit, « c’est au sujet de Bourvil », tout de suite, il a rétorqué « Bourvil, ce n’est pas la même chose » et il m’a raconté son expérience avec lui. Tout le monde se retrouve dans Bourvil.

* « Le cinéma de Bourvil ». De 10 h à 18 h. Entrée libre.