Festival de Deauville: Une édition sans stars américaines mais pas sans talent (s)

PALMARES Cette édition, que le Covid-19 a rendue un peu spéciale, est parvenue à offrir de belles surprises, comme le Grand Prix « The Nest »

De notre envoyée spéciale à Deauville, Caroline Vié
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Jude Law et Carrie Coon dans de Sean Durkin
Jude Law et Carrie Coon dans de Sean Durkin — SND
  • Le Festival de Deauville s’est terminé par la consécration de « The Nest », film angoissant avec Jude Law.
  • Si les stars américaines n’ont pas pu se rendre à Deauville, le festival a tout de même offert de belles rencontres.
  • Les sélections des Festival de Cannes et d’Annecy ont aussi réservé de merveilleuses surprises.

Si le Covid-19 a privé les Américains du Festival de Deauville, la manifestation n’en a pas moins bénéficié d’une programmation de qualité et de la visite de nombreux talents francophones comme Maïwenn,Benoît Poelvoorde, Louis Garrel ou Clémence Poésy.

20 Minutes a suivi le Festival pour dix jours de rencontres et découvertes prouvant que Bruno Barde et son équipe ont su s’adapter à la situation sanitaire en prenant soin de préserver la santé des festivaliers.

Un « nid » pas si douillet a du succès

Le jury, présidé par Vanessa Paradis, a fait montre d’un goût très sûr en distinguant The Nest de Sean Dorkin (date de sortie inconnue). Ce thriller intrigant réunit Jude Law et la découverte Carrie Coon dans un manoir anglais, et n’a pas volé son Grand Prix, assorti de celui de la Critique et de la Révélation tant il joue habilement sur les nerfs des spectateurs.

First Cow de Kelly Reichardt mérite aussi largement le Prix du jury, qui aidera sans doute cette œuvre puissante sur l’amitié de deux hommes en 1820 à trouver un distributeur français. Lorelei de Sabrina Doyle a remporté le même trophée en contant l’histoire d’amour d’un ex-détenu et d’une mère de famille. The Assistant de Kitty Green, célébré pour sa mise en scène, fait partager le calvaire d’une employée malmenée par son nabab de patron. Le public a été séduit par le touchant Uncle Frank d’Alan Ball (bientôt disponible sur Amazon Prime), où le créateur des séries True Bloodet Six Feet Under évoque un coming out difficile dans les années 1970.

Des invités en « présentiel »

Félix Moati et Clémence Poésy, venus présenter Resistance de Jonathan Jakubowicz, ont fait le bonheur des chasseurs d’autographes tout comme Bruno Podalydès, membre du jury qui a fait tordre les spectateurs avec sa comédie Les 2 Alfred, évidemment présentée hors compétition. Les festivaliers ont pu aussi croiser le réalisateur  Barbet Schroeder , auquel Deauville a rendu hommage, et Sylvie Pialat, la productrice de Effacer l'historique. Noémie Merlant a, quant à elle reçu une standing-ovation après la projection de A Good Man , de Marie-Camille Mention-Schaar, où elle incarne un homme transgenre choisissant de reporter son opération pour avoir un enfant avec sa compagne.

Un parfum de Croisette

En accueillant une partie de la sélection des Festivals de Cannes, Deauville s’est ouverte sur d’autres pays que l’Amérique. Côté français, Les 2 Aflred de Bruno Podalydès (sortie le 13 janvier) et Des Hommes , de Lucas Belvaux (sortie le 11 novembre) ont reçu un accueil chaleureux. ADN de Maïwenn (sortie le 28 octobre) est l’œuvre qui nous a le plus impressionnés par sa maîtrise et son humour, pour raconter comment une jeune femme renoue avec ses racines algériennes après la mort de son grand-père.

Le cinéma de genre était aussi à l’honneur avec le film de zombies coréen Peninsula , de Sang Ho-yeon (21 octobre), suite vitaminée de Dernier train pour Busan, et surtout l’excellent Teddy des frères Boukherma (sortie le 13 janvier) sur un loup-garou 100 % français.

Quand Deauville s’anime

Le Festival d'Annecy était lui aussi à l’honneur cette année. Et le Grand Prix 2020, Calamity de Rémi Chayé (sortie le 14 octobre) a été accueilli avec l’enthousiasme que mérite ce western galvanisant encore meilleur quand on le voit sur très grand écran. Le film de clôture, l’excellente surprise Comment je suis devenu superhéros de Douglas Attal (sortie le 16 décembre) bourré d’émotion et d’effets spéciaux a prouvé que les Français peuvent s’y entendre en matière d’action.

Avant de découvrir Petit vampire , de Joann Sfar (sortie le 21 octobre), et Lupin 3, de Takashi Yamazaki (sortie le 7 octobre), lors de séances dédiées à la jeunesse, les festivaliers se sont offert une dernière promenade au bord de mer en rêvant d’une année 2021 plus apaisée.