« Antoinette dans les Cévennes »: Laure Calamy reconnaît l'intelligence des ânes

COMEDIE L'acterice Laure Calamy a pour partenaire un adorable âne au caractère bien trempé dans « Antoinette dans les Cévennes » en salle ce mercredi

Caroline Vié

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Laure Calamy dans «Antoinette dans les Cévennes» de Caroline Vignal
Laure Calamy dans «Antoinette dans les Cévennes» de Caroline Vignal — Julien Panié/Diaphana Distribution
  • L’héroïne d’« Antoinette dans les Cévennes » part avec un baudet sur les traces de son amant.
  • Laure Calamy avait, en fait, deux ânes qui se relayaient pour incarner Patrick, son compagnon à quatre pattes.
  • Elle s’est particulièrement attachée à l’un de ces animaux craquants.
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Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal permet de découvrir deux fortes personnalités. Laure Calamy, révélée dans la série Dix pour cent, vibrante d’énergie et de fragilité, et Jazou qui incarne l’âne Patrick, son adorable compagnon à quatre pattes qui partage ses réflexions sur la vie et les amours. Cette comédie auréolée du label Cannes 2020 est à ne pas manquer.

Pour rejoindre son amant (joué Benjamin Lavernhe, excellent en mari infidèle dépassé par les évènements), cette institutrice décide de faire une randonnée sur le Chemin de Stevenson avec le baudet parfois têtu mais mignon comme tout. « En fait, il y avait deux ânes, explique Laure Calamy à 20 Minutes. Le premier s’appelait Pedro et avait un tempérament volcanique entre Jean-Paul Belmondo et Vincent Cassel. Le second s’appelait Jazou avait un côté dépressif et attendrissant qui évoque Bill Murray. C’est lui qui a fini par avoir la vedette. »

Une nouvelle star

Les deux animaux se ressemblent si parfaitement que le spectateur ne distingue pas Pedro, chargé des cascades, de Jazou avec lequel Laure Calamy a entretenu une relation particulière. « A la fin de ses journées de tournage, tout le monde l’a applaudi comme un véritable acteur, se souvient Laure Calamy. On aurait dit qu’il avait senti que nous allions nous quitter. Il m’a longuement léché la jambe et le bras pour me dire au revoir et j’ai fondu en larmes ». Laure Calamy a retrouvé Jazou pendant la promotion du film. « J’aurais aimé qu’il puisse parler le langage humain pour s’exprimer à son tour quitte à accepter le risque qu’il dise du mal de moi », plaisante-t-elle.

Un âne heureux

Si Antoinette se montre parfois un peu brusque avec son compagnon de voyage, Laure a pris grand soin de Jazou sous la supervision de la dresseuse Emilie Michelon, formée chez Bartabas. « Comme les enfants, les animaux sont très encadrés et ne tournent que quelques heures par jour, raconte Laure Calamy. Jazou n’a en aucun cas été brutalisé mais il nous regardait parfois d’un air surpris comme s’il se demandait ce que nous faisions. » L’actrice avoue que son partenaire aux grandes oreilles pouvait avoir mauvais caractère. « Un âne est aussi indépendant qu’un chat, explique-t-elle. Les Humains ont décrété qu’ils étaient bêtes par dépit parce qu’il n’en fait qu’à sa tête. »

Ane et confidences

Dans des paysages sublimes et souvent escarpés, l’héroïne se raconte à son Patrick aux yeux tendres et au pelage soyeux qui braie avec conviction pour commenter ses paroles. « J’aime la drôlerie singulière de cette comédie montrant à quel point un animal peut aider à guérir, d’autant plus que la présence d’un âne a comme une saveur d’enfance. Antoinette aime Patrick comme on aime un grand-père réconfortant », déclare Laure Calamy. Antoinette a bien besoin de réconfort notamment quand elle rencontre l’épouse de son amant incarnée par une Olivia Côte au meilleur de son talent.

Pas d’âne à Cannes

Sélectionné à Cannes, Antoinette dans les Cévennes n’a pas pu y être projeté pour cause d’annulation du festival annulé par le Covid-19. « Bien sûr que j’ai ressenti un pincement au cœur quand je l’ai appris, admet Laure Calamy. Mais le label Cannes est un beau signe de reconnaissance et le fait de ne pas s’y rendre évite bien du stress. » Laure Calamy ne montera pas les Marches cannoises avec Jazou mais elle a déjà repris, sans lui, les chemins des plateaux pour enchaîner les tournages qui avaient été mis entre parenthèses en raison de la pandémie. Cécile Ducrocq pour Une femme du monde et Sébastien Marnier pour L’Origine du mal vont l’occuper pour les mois à venir.