« Deauville fait souffler une brise de Croisette » assure Bruno Podalydès, juré et réalisateur des « 2 Alfred »

RENCONTRE Membre du jury, Bruno Podalydès a reçu un accueil triomphal pour sa comédie « Les 2 Alfred », présentée en avant-première

De notre envoyée spéciale à Deauville, Caroline Vié
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Bruno Podalydès à l'Hôtel Normandy pendant le Festival de Deauville 2020
Bruno Podalydès à l'Hôtel Normandy pendant le Festival de Deauville 2020 — C.Vié
  • « Les 2 Alfred » de Bruno Podalydès fait partie de la sélection cannoise de 2020 projetée hors compétition au Festival de Deauville.
  • Le réalisateur a reçu un accueil triomphal pour cette fantaisie sur le monde du travail et son absurdité.
  • Après la projection, Bruno Podalydès a repris ses activités de juré de façon plus sereine.

S’il y a bien quelqu’un qui peut être content de son Festival de Deauville, c’est Bruno Podalydès ! Il fait partie du jury présidé par Vanessa Paradis et il a reçu une standing-ovation pour sa comédie hilarante Les 2 Alfred dans laquelle il se dirige lui-même, entre son frère Denis et Sandrine Kiberlain.

Les 2 Alfred (film qui faisait partie de la sélection cannoise) analyse le monde du travail actuel comme le ferait Ken Loach s’il avait pris une dose de gaz hilarant. En attendant la sortie de cette fantaisie délicieuse le 13 janvier, l’acteur-réalisateur déguste les films américains de la compétition. « Etre masqué en salle ne me gêne pas, raconte Bruno Podalydès, parce qu’on est de toute façon dans le noir quand on va au cinéma. Retrouver la communion des gens qui vibrent ensemble devant l’écran est un bonheur. On ne voit pas tous les détails si on n’est pas au cinéma. »

Fan de cinéma américain

Ce n’est pas la première fois que Bruno Podalydès est juré à Deauville. Il avait déjà occupé cette fonction en 2009. « Ce qui est bien, c’est qu’on se sent tout de suite à l’aise quand on fait partie d’un jury. Parce que, même si on ne se connaissait pas avant, on parle de cinéma. C’est une bonne façon de briser la glace et découvrir la nature des gens. » Le cinéma américain, il connaît bien : ce sont les premiers films qu’il a découverts en famille. « Mon frère Denis et moi nous improvisions cow-boys ou indiens sur la plage quand nous étions enfants. C’est un peu cela qui nous a donné envie de devenir acteurs », se souvient-il.

Soulagé, délivré

Bruno Podalydès peut profiter pleinement de son festival maintenant que la projection des 2 Alfred est passée. « Je dissocie mon rôle de cinéaste de celui de juré, précise-t-il mais j’avais quand même le trac. Voir mon film en salle m’a fait l’effet d’une douche chaude ! » Il faut dire que le public s’est montré très réceptif en se tordant devant les facéties de deux frères aux prises avec une technologie délirante. De quoi consoler l’acteur-réalisateur de l’annulation du Festival de Cannes. « Deauville fait souffler une brise de Croisette et Thierry Frémaux a promis qu’il nous réinvitera en 2021. Alors je me dis qu’ainsi, Cannes durera encore plus longtemps. » Cette philosophie est, à l’image du cinéma de Bruno Podalydès, d’un optimisme revigorant.