« Mulan » : Pourquoi le hashtag #BoycottMulan figure parmi les plus commentés sur Twitter

WEB Ce dimanche midi, plus de 59.000 tweets mentionnant ce mot-dièse avaient été postés sur Twitter, deux jours après la mise en ligne de « Mulan » sur Disney + dans plusieurs pays

Fabien Randanne

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Liu Yifei, sur le tapis rouge de l'avant-première de Mulan, à Los Angeles, le 9 mars 2020.
Liu Yifei, sur le tapis rouge de l'avant-première de Mulan, à Los Angeles, le 9 mars 2020. — Amy Sussman / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Mulan ne sera visible en France qu'à partir du 4 décembre, date de sa mise en ligne sur Disney+. Cependant, ce film, adaptation en prises de vues réelles du long-métrage d’animation du même nom, est déjà disponible sur la plateforme de streaming, dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis.

Depuis vendredi, les abonnés américains à Disney+ peuvent donc voir le film à la condition de débourser 29.90 dollars (soit, environ, 25 euros). Ce n’est pas ce surcoût qui fait grincer des dents les détracteurs de l’œuvre ayant lancé le hashtag #BoycottMulan. Le mot-dièse est l’un des plus mentionnés dans les discussions sur Twitter ce week-end. Ce dimanche midi, il apparaissait dans plus de 59.000 messages. Il est à noter qu’un grand nombre d’internautes le citaient pour s’en étonner ou s’en indigner. Explications.

« Parce que Disney s’incline devant Pékin »

Il n’a pas fallu attendre 2020 pour qu’un appel à boycotter Mulan soit lancé. Il est apparu durant l’été 2019 après que Liu Yifei, l’actrice incarnant le rôle-titre, a pris position au sujet des manifestations à Hong Kong. La comédienne, née en Chine en 1987 et naturalisée américaine, avait posté le 15 août sur son compte Weibo – l’équivalent chinois de Facebook – le message : « « Je soutiens la police de Hong Kong. Vous pouvez tous m’attaquer maintenant. Quelle honte pour Hong Kong ». 

Cela faisait alors deux mois que des manifestations, violemment réprimées, demandant davantage de démocratie et l’abandon d’un projet de loi controversé se déroulaient dans cette région semi-autonome de Chine.

« Parce que Disney s’incline devant Pékin et que Liu Yifei approuve ouvertement et fièrement la brutalité policière à Hong Kong, j’exhorte tous ceux qui croient aux Droits de l’homme à #BoycottMulan », a tweeté vendredi, jour de la mise en ligne de Mulan, Joshua Wong, l'une des figures du mouvement de protestation hongkongais.

La disparition d’un personnage

Par ailleurs, de manière bien moins marquée, le hashtag est également utilisé pour déplorer la disparition, dans la version en prises de vues réelles, du personnage de Li Chang. Une décision que le producteur Jason Reed a justifié en février : « Je pense qu’à l’heure du mouvement #MeToo, le fait qu’il y ait une attirance entre le commandant et Mulan n’est pas approprié. » Cependant, Li Chang, qui, dans le film d’animation, tombe amoureux de Mulan lorsqu’il la rencontre travestie en homme, est perçu par une partie du public LGBT, comme une icône bisexuelle, signale le site britannique PinkNews. Et cela, même si Disney n’a jamais confirmé ou infirmé cette intention.

Dans le nouveau film, Li Chang est scindé en deux personnages : le commandant Tung et Honghui. Ce dernier est incarné par le Néo-zélandais Yoson An, qui a expliqué comment, relaye le site Slash film, la réalisatrice Niki Caro lui a demandé de jouer toutes les scènes en faisant comme si Mulan était un homme aux yeux de son personnage. « Cela donne une sorte de relation de potes où mon personnage ignore que l’autre est une fille. Le public, lui, le sait », avance-t-il, suggérant que le regard des spectateurs et spectatrices pourra donner une autre dimension à leurs interactions. A condition qu’ils ne suivent pas l’appel au boycott.