« Tenet » : Christopher Nolan admet avoir voulu retrouver l’émotion des James Bond de son enfance

MADELEINE Le réalisateur de « Interstellar » s’est souvenu de son émotion en regardant « L’Espion qui m’aimait » avant d’écrire « Tenet » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Robert Pattinson et John David Washington dans « Tenet » de Christopher Nolan
Robert Pattinson et John David Washington dans « Tenet » de Christopher Nolan — Warner Bros/Melinda Sue Gordon
  • Christopher Nolan joue avec les codes des films d’espionnage classiques pour « Tenet ».
  • Il s’est inspiré de l’univers de 007 pour écrire son film.
  • Tenet est vraiment digne d’un James Bond du nouveau millénaire.

Christopher Nolan était un cinéphile dès son plus jeune âge avant de devenir un grand réalisateur. Pour écrire  Tenet, qui sort en salles ce mercredi, il s’est souvenu des décharges d’adrénaline qu’il a ressenties en découvrant L'Espion qui m'aimait (1977) de Lewis Gilbert alors qu’il n’était qu’un enfant.

Un pur divertissement

« Mon père m’y avait emmené et ce pur divertissement m’a marqué à vie », a-t-il confié lors d’une conférence de presse virtuelle, organisée par la Warner pour une poignée de journalistes du monde entier, mercredi dernier. « En montrant le film à mes propres enfants, j’ai retrouvé ce sentiment d’évasion totale avec des gadgets géniaux comme la voiture sous-marine et j’ai eu envie de procurer le même type de sensations au public d’aujourd’hui. »

Bien évidemment, le réalisateur d’Interstellar et d’Inception ne s’est pas contenté de livrer une copie conforme des aventures de James Bond mais il s’est basé sur des principes («tenet » en anglais) qu’on retrouve dans les films de 007 pour signer cette fable spectaculaire.

Un concept ludique

« Mon but était de jouer avec les codes d’un film d’espionnage classique pour exploiter des concepts que j’explore depuis Memento, explique le réalisateur connu pour signer des blockbusters cérébraux mêlant le cinéma d’auteur au spectacle grand public.

On comprend qu’il ait mis près de dix ans à l’écrire tant le jeu sur le temps et l’espace est capital dans cette œuvre palindrome qui, à l’image de son titre, peut être vue à l’endroit comme à l’envers. Les amoureux d’Interstellar (2015) et d’Inception (2010) seront en terrain connu avec cette fable spatio-temporelle qui transporte le public dans un univers où tout semble possible.

Un enjeu planétaire

« Mes héros aussi veulent sauver le monde, comme dans une intrigue d’espionnage habituelle », admet Christopher Nolan. Et ils voyagent en conséquence. De l’Inde à l’Europe en passant par les Etats-Unis, les agents incarnés par John David Washington et  Robert Pattinson vont voir du pays en se lançant sur les traces d’un méchant oligarque incarné par Kenneth Branagh.

« C’était une façon de dépayser les spectateurs tout en leur rappelant la beauté du monde afin qu’ils gardent en tête l’importance de l’enjeu », explique le réalisateur.


Des scènes d’action sans effets si spéciaux

« Nous avons essayé de faire le maximum de choses en dur en n’ayant recours aux effets spéciaux que quand nous ne pouvions vraiment pas faire autrement », insiste le cinéaste en parlant des intrigues qui s’entremêlent et des scènes d’action qui se déroulent à rebours.

Le résultat est tel qu’il le souhaitait : un James Bond du nouveau millénaire à la fois classique et moderne où il n’est pas rare de voir des bâtiments se reconstruire en temps réel.