Netflix cartonne en France mais ne paie qu’un impôt « ridicule » sur ses bénéfices

DEFISCALISATION Plus grand service de streaming de l'Hexagone avec près de sept millions d'abonnés, Netflix n'a versé que 564.174 euros d’impôts sur les bénéfices en France l’an dernier

Marjorie Le Meur

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Un homme devant Netflix (illustration)
Un homme devant Netflix (illustration) — DAINA LE LARDIC/SIPA

Une somme « ridicule » : Netflix n’aurait eu qu’à verser 564.174 euros d’impôt à la France alors que le mastodonte déclare son chiffre d’affaires aux Pays Bas estime Capital. Seuls 26 millions de ses bénéfices seraient déclarés en France, une infime portion de ses revenus qui représenteraient en réalité 800 millions d’euros considère Capital. Le magazine se base sur ses 6,7 millions d’abonnés supposant que la majorité adhère à l’offre milieu de gamme (11,99 euros TTC par mois) d’après une étude du contenu du cabinet Park Associates.

« Si l’on applique à ce chiffre la marge avant impôt global de Netflix (10 %), le bénéfice avant impôt réalisé en France s’élèverait donc à 80 millions d’euros. Avec un taux de 33,3 %, le site de vidéo à la demande devrait donc en réalité s’acquitter d’environ 25 millions d’euros d’impôts sur les bénéfices auprès du fisc français », affirme le média économiste.

Peu d’impôts à verser, partout dans le monde

Netflix bénéficierait également d’un allégement d’impôts aux Etats-Unis notamment pour les dépenses R & D et rapatrierait ainsi une majorité de ses bénéfices en Amérique du Nord. Il se serait également établi dans l’un de ses paradis fiscal interne, le Delaware.

Si en France, la plateforme paie la TVA de 20 % sur les services en ligne et verse une taxe de 5,15 % sur son chiffre d’affaires engendré en France auCentre national du cinéma (CNC), la France envisage une future loi qui obligerait Netflix à investir 25 % de ses recettes engendrées dans l’Hexagone dans des productions françaises (environ 20 %) et européennes.

Contacté par Capital, Netflix s’est défendu concernant les filiales françaises créées entre novembre 2018 et juillet 2019 : « L’année 2019 constitue une phase de démarrage pour ces entités. Par conséquent, il est inévitable que le montant des taxes ne soit pas significatif. »