Affaire Gabriel Matzneff : « Le Consentement » de Vanessa Springora sera adapté sur grand écran

ADAPTATION Cette autofiction, qui retrace la relation de l’autrice sous emprise avec l’écrivain Gabriel Matzneff alors qu’elle était adolescente, est prévue pour 2021

20 Minutes avec AFP

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«Le Consentement» de Vanessa Springora.
«Le Consentement» de Vanessa Springora. — ALLILI MOURAD/SIPA

Le Consentement, livre choc de Vanessa Springora, sera porté à l’écran. Cette autofiction, qui retrace la relation de l’autrice sous emprise de l’écrivain Gabriel Matzneff alors qu’elle était adolescente, est prévue pour 2021 dans les salles obscures, ont annoncé ce lundi sur Instagram les producteurs Carole Lambert et Marc Missonnier, confirmant une information de la revue Le Film Français.

Ce roman autobiographique, paru aux éditions Grasset, s’est vendu à plus de 180.000 exemplaires et a provoqué un électrochoc, mettant en lumière le sujet des violences sexuelles envers les mineurs et la complaisance dont Gabriel Matzneff a bénéficié dans le milieu littéraire. Les droits cinématographiques du livre ont été cédés aux sociétés de productions Windy et Moana Films.

Le roman dépeint un homme au comportement de prédateur

La réalisation et le scénario de ce long métrage ont été confiés à la réalisatrice Vanessa Filho, révélée en 2018 à Cannes avec Gueule d’ange, présenté dans la section Un Certain Regard. Le casting n’est pas encore arrêté. Dans Le Consentement, Vanessa Springora raconte comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff alors qu’elle n’avait pas encore 14 ans, dans les années 1980.

Le lendemain de la parution du livre début janvier, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour « viols commis sur mineur de moins de 15 ans ». L’ouvrage de Vanessa Springora dépeint un homme au comportement de prédateur, faisant également du tourisme sexuel en Asie. Vanessa Springora est la première à témoigner parmi les adolescentes séduites par Gabriel Matzneff, dont le comportement, décrit dans ses propres livres, a longtemps été toléré dans le monde littéraire parisien. En 2013, il avait obtenu le prix Renaudot de l’essai.

Pour Vanessa Springora, « ce livre était une entreprise d’honnêteté vis-à-vis d'(elle-même), puisque c’était l’occasion de (se) réapproprier (son) histoire ». « Le Consentement m’a permis de me réinventer. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’un chapitre s’est refermé, ce qui me permet d’aller vers autre chose, mais qui est toujours moi », a-t-elle ajouté dans un entretien au JDD paru dimanche.