Mort d’Olivia de Havilland : Le monde de la culture rend hommage à « un trésor international »

REACTIONS Olivia de Havilland est décédée ce dimanche à Paris, où elle résidait, à l’âge de 104 ans

20 Minutes avec AFP

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Olivia de Havilland le 18 juin 2016 à Paris
Olivia de Havilland le 18 juin 2016 à Paris — Thibault Camus/AP/SIPA

Olivia de Havilland, qui avait notamment joué dans Autant en emporte le vent, est décédée ce dimanche à Paris, où elle résidait, à l’âge de 104 ans. « Dame Olivia de Havilland est décédée paisiblement de causes naturelles », a déclaré l’agente américaine Lisa Goldberg dans un communiqué. Le monde du cinéma n’a pas tardé à rendre hommage à celle qui a décroché l’Oscar de la meilleure actrice pour A chacun son destin (Mitchell Leisen, 1946) et L’Héritière (William Wyler, 1949).

L’académie des Oscars a d’ailleurs salué sur Twitter « une vraie légende de l’industrie » cinématographique, « un pilier de l’âge d’or de Hollywood et un talent incommensurable ». « Le monde a perdu un trésor international, a dit son ex-avocate Suzelle Smith. Elle voudrait qu’on se souvienne d’elle avec joie, fierté, et en buvant une coupe de champagne ! ».

« Reine d’Hollywood »

Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a rappelé qu’Olivia de Havilland avait été « la première femme présidente du jury » de la manifestation cinématographique française. « Et à l’heure du questionnement de la place des femmes dans le cinéma et dans la société en général, il faut surtout se souvenir d’elle à travers la force qui fut la sienne lorsqu’elle attaqua le système des studios pour libérer les comédiennes de contrats qui les exploitaient », a-t-il estimé, assurant que cette « reine d’Hollywood » avait démontré « force et courage » tout au long de sa carrière.

C’était « aussi une femme de caractère. La résistance qu’elle sut opposer aux studios dans les années 1930 et 1940, allant jusqu’à les poursuivre en justice, joua un rôle déterminant pour améliorer de façon très substantielle les droits des acteurs et actrices », a également salué Roselyne Bachelot, ministre de la Culture française.

Olivia de Havilland avait remporté en 1943 face au studio Warner, qui refusait de la libérer de son contrat, une victoire judiciaire qui fera jurisprudence dans la défense des droits des acteurs. Un héritage salué par l’acteur américain Jared Leto, qui a écrit sur Twitter avoir eu « le plaisir de passer du temps avec elle à Paris ».

La brouille avec sa sœur

« Je l’ai remerciée pour son courage et lui ai raconté comment ses choix avaient eu un impact pour moi et mon frère, a-t-il ajouté. C’était incroyable de la rencontrer. C’est une légende ! » « Olivia de Havilland a passé une part de sa vie à faire oublier qu’elle était capable de jouer d’autres rôles que les jeunes dames mignonnes bien élevées. Total : 2 Oscars et la 1re présidence féminine du jury du festival de Cannes + une brouille à vie avec Joan Fontaine, sa sœur », a aussi réagi sur Twitter l’ancien président du festival Gilles Jacob.

« Elle était belle, elle était chic, elle était fière d’avoir fait une grande carrière et d’avoir appartenu à un monde qui n’existe plus. Elle était américaine et elle préférait la France », a salué Frédéric Mitterrand. « On n’a jamais su pourquoi elle était brouillée avec sa sœur Joan Fontaine. Les éternelles jeunes filles ont des rivalités mystérieuses et leur fiancé, l’Oscar, qu’elles convoitaient l’une et l’autre, les a sans doute séparées », a poursuivi l’ancien ministre de la Culture.

Elle était en effet la sœur de cette autre star oscarisée, décédée en 2013, avec laquelle elle entretenait des relations houleuses.