L’Académie des César adopte la « parité intégrale » dans ses instances dirigeantes

REFORME L'Académie des César avait été la cible de nombreuses critiques sur son mode de fonctionnement en marge de l'édition 2020 de sa cérémonie

B.Ch. avec AFP

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En 2013, à la fonderie Bocquel, en pleine conception d'un trophée pour les César.
En 2013, à la fonderie Bocquel, en pleine conception d'un trophée pour les César. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Est-ce « la honte » qui a dicté ce choix ? Six mois après une cérémonie 2020 chahutée pour son palmarès, et des polémiques sur son mode de fonctionnement, l’ Académie des César se réforme et adopte la « parité intégrale » dans ses instances dirigeantes, selon un communiqué officiel.

Désormais, l'ensemble des 4.313 membres de l'Académie qui votent pour décerner les César pourront être candidats et choisir leurs représentants, au cours d'élections qui doivent avoir lieu avant début septembre, selon les nouveaux statuts, adoptés à huis clos par les administrateurs démissionnaires. L'assemblée générale, le conseil d'administration et le bureau de l'association seront paritaires, avec « un tandem homme/femme pour la présidence ».

Une polémique, une réforme

Lorsque ces nouvelles instances seront mises en place, les nouveaux dirigeants devront s'atteler à une deuxième tâche : renforcer « la parité, la diversité et la représentativité » de l'Académie des César elle-même, suffisament rapidement pour pouvoir organiser l'édition 2021.

En février, quelques jours avant une cérémonie 2020 qui récompensa Roman Polanski, et après une tribune réclamant une « réforme en profondeur » de l’Académie des César, la direction avait annoncé sa « démission collective ». Plusieurs mois auront été nécessaires pour donner de nouveaux statuts à l’Académie. « Cette gouvernance renouvelée doit permettre de représenter le cinéma français dans toutes ses esthétiques et sa diversité afin de permettre à l’Académie de continuer à incarner son rayonnement », avait alors estimé le ministre de la Culture de l’époque, Franck Riester.

La fin d’un système

Margaret Menegoz, présidente par intérim, est chargée de mettre en œuvre la réforme de l’Académie. L’annonce de cette « parité intégrale » des instances dirigeantes sonne comme un symbole. Alain Terzian, président de l’Académie démissionnaire, avait notamment concentré des critiques sur le manque de femmes parmi ses membres (35 % seulement).

Mais cette mesure ne devrait pas être la seule. La gouvernance « opaque » de l’Académie avait également été pointée. Et plus largement, les signataires de la tribune qui a précipité la chute d’Alain Terzian, voulaient abolir « un système élitiste et fermé », réclamant par exemple de pouvoir voter directement pour pouvoir élire leurs représentants, comme c’est le cas pour les Oscar et les Bafta (Royaume-Uni).