« Calamity » : Une légende de l’Ouest a pris le Grand prix d’Annecy au lasso

LAURIERS « Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary » de Rémi Chayé a reçu le Cristal ce samedi

Caroline Vié
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«Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary» de Rémi Chayé
«Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary» de Rémi Chayé — Gebeka
  • Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary a reçu le Grand prix d’Annecy en inventant l’enfance de Calamity Jane.
  • Ce western animé est signé par le réalisateur de Tout en haut du monde.
  • Le festival d’Annecy se poursuit sur son site jusqu’au 30 Juin.

C’est une héroïne exceptionnelle qui a décroché le Cristal, grand prix de l’édition 2020 du Festival d’Annecy ! Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé fait partager les jeunes années de cette petite fille qui ne sait pas qu’elle va devenir une légende de l’Ouest.

« Annecy, c’est capital pour la notoriété d’un film comme le nôtre, déclare le réalisateur, à 20 Minutes. Ce prix est un coup de projecteur précieux qui va nous aider à faire connaître notre travail au moment de la sortie. Il n’est pas toujours évident d’exister au milieu d’œuvres qui peuvent s’offrir un marketing très offensif. » Ce western animé sort en salles le 14 octobre prochain.

Malgré sa joie, Rémi Chayé ne peut s’empêcher de ressentir un pincement au cœur de ne pas avoir pu projeter cette œuvre visuellement sublime sur grand écran. « L’édition online est mieux que rien, reconnait-il, mais il faut admettre que pour les équipes, le festival d’Annecy est unique parce qu’il permet de se retrouver une fois par an entre fans et professionnels de l’animation ! » C’est à Annecy que le réalisateur a rencontré le producteur de son premier film Tout en haut du monde, couronné ensuite par prix du public en 2015.

Une « Calamity » méconnue

« Nous n’avons pas voulu livrer un simple biopic, insiste Rémi Chayé. Nous avons brodé sur le périple de Martha Jane sur la route de l’Oregon, une période peu documentée de sa vie. » La fillette au caractère bien trempé est clairement en avance sur son temps quand elle décide de se couper les cheveux et d’enfiler le pantalon de son père pour pouvoir être plus mobile. « Ces anecdotes sont fondatrices du personnage mais Martha Jane ne se limite pas à cela. Elle n’est pas une rebelle mais une fille qui en veut plus lâcher la liberté une fois qu’elle y a goûté », explique Rémi Chayé. La gamine de 11 ans peut inspirer filles et garçons d’aujourd’hui par sa soif de liberté et son look éloigné des standards de nombreux dessins animés.

Un style inimitable

Ce road-movie aux images magnifiques allie les attraits d’une œuvre commerciale à ceux d’une réussite artistique exigeante. Le style « Rémi Chayé », aplats de couleurs sans bordure, permet de chevaucher avec Martha Jane au cœur d’une caravane de pionniers comme dans les paysages sauvages du Far-West. Après avoir fait un aller-retour à Annecy pour recevoir son prix lors d’une cérémonie diffusée ce samedi sur le site du Festival, Rémi Chayé va lever son verre à la mémoire de Calamity, devenue selon lui « une punk à chien façon XIXe siècle et une star des médias » à la fin de sa vie. « Je veux penser qu’elle aimerait ce film qui veut un hommage à son esprit libre », avoue-t-il.

Le festival continue

Rémi Chayé compte peut maintenant sur le site du Festival pour y découvrir les autres lauréats, notamment Kill it and Leave This Town de Mariusz Wilczynski, mention du jury et The Nose or The Conspiracy of Mavericks d’Andrey Khrzhanvsky, films polonais et russe témoignant de la vitalité du monde de l’animation. Le festival online se poursuit jusqu’au 30 juin sur le site. Il est toujours temps de s’y abonner.