VIDEO. Décès de Michel Piccoli : Ses dix plus beaux rôles au cinéma

SELECTION « 20 Minutes » a choisi parmi les quelque 200 films de Michel Piccoli ses dix rôles les plus marquants

Anne Demoulin

— 

Michel Piccoli et Romy Schneider dans « Les Choses de la vie ».
Michel Piccoli et Romy Schneider dans « Les Choses de la vie ». — Sipa

Un monstre sacré du cinéma français ! A 94 ans et avec quelque 200 films au compteur, Michel Piccoli, a annoncé sa famille ce lundi, est une figure incontournable pour tout cinéphile. Retour sur les dix plus beaux rôles de sa prolixe carrière.

Paul Javal, dans « Le Mépris » de Jean-Luc Godard

Si Michel Piccoli s’est fait remarquer au cinéma dès les années 1950 dans le costume du capitaine Valorgueil dans French Cancan de Jean Renoir, il s’impose comme un acteur de premier plan dans le chef-d’œuvre de Jean-Luc Godard, Le Mépris, sorti en 1963 et disponible sur MyCanal. Il y campe Paul Javal, un scénariste un peu lâche parti avec sa femme (Brigitte Bardot) à Rome pour remanier un film de Fritz Lang. S’ensuit l’observation clinique de la dégradation du couple. Un rôle que l’on « aime totalement, tendrement, tragiquement » parce qu’il révèle la capacité de Michel Piccoli à jouer des personnages plein de fêlures.

Henri Husson dans « Belle de jour » de Luis Buñuel

Luis Buñuel a offert à Michel Piccoli quelques-uns de ses plus beaux rôles. Ils ont tourné sept films ensemble : La Mort en ce jardin (1956), Le Journal d’une femme de chambre (1964), Belle de jour (1967), La Voie lactée (1969), Le Charme discret de la bourgeoisie (1972), Le Fantôme de la liberté (1974) et Cet obscur objet du désir (1977). Avec Belle de jour en 1967, disponible sur MyCanal, Michel Piccoli s’offre son premier film à scandale. Dans cette adaptation du roman de Joseph Kessel, Catherine Deneuve joue Séverine, une bourgeoise insatisfaite sexuellement par son mari. Michel Piccoli campe Henri, l’ami de l’époux. Il persuade Séverine de se prostituer dans une maison close de luxe et lui avoue son désir.

Pierre Bérard dans « Les Choses de la vie » de Claude Sautet

Michel Piccoli est avant tout l’acteur fétiche de Claude Sautet dans les années 1970. Entre 1970 et 1976, ils ne tourneront pas moins de cinq films ensemble dont notamment Les Choses de la vie (1970), Max et les Ferrailleurs (1971), Vincent, François, Paul et les autres… (1974). Les Choses de la vie, disponible sur MyCanal, c’est Romy Schneider et Michel Piccoli dans une histoire déchirante de dilemme amoureux et d’accident de voiture. Michel Piccoli insuffle à Pierre des silences aussi cruels que bouleversants qui donnent une intensité rare à cette apparente banale histoire de triangle amoureux.

Max dans « Max et les Ferrailleurs » de Claude Sautet

Un an plus tard, Michel Piccoli retrouve Romy Schneider et Claude Sautet dans Max et les Ferrailleurs, disponible sur MyCanal. Il y incarne un ancien juge reconverti en flic froid et inquiétant, prêt à tout pour mettre sous les verrous une bande de truands, et notamment, à se lier dangereusement avec Lily (Romy Schneider), une prostituée proche de la bande de voyous.

Michel dans « La Grande Bouffe » de Marco Ferreri

Acteur fidèle à ses réalisateurs, Michel Piccoli a joué dans sept longs-métrages du subversif Marco Ferreri entre 1969 à 1981 de Dillinger est mort à Contes de la folie ordinaire. Présenté au Festival de Cannes en 1973, La Grande Bouffe fait scandale. Michel Piccoli y campe l’un des participants à un dîner qui se transforme en suicide collectif, par excès d’ingurgitation de nourriture. Son personnage meurt d’une crise d’aérophagie.

Edmond Leroyer dans « Une chambre en ville » de Jacques Demy

Michel Piccoli a collaboré à trois reprises avec Jacques Demy. Après Les Demoiselles de Rochefort, il retrouve le réalisateur au début des années 1980 dans un autre film musical, Une chambre en ville, un conte de fées tragique, disponible sur Netflix.

Milou dans « Milou en mai » de Louis Malle

Avec le rôle-titre de Milou en mai de Louis Malle, Michel Picccoli remporte le césar du meilleur acteur en 1991 avec ce rôle de rêveur épicurien dans cette chronique familiale sur fond de Mai-68. Dans ce rôle, Michel Piccoli déploie une candeur et une forme d’incrédulité, quasi enfantine et touchante.

Édouard Frenhofer dans « La Belle Noiseuse » de Jacques Rivette

La Belle Noiseuse, disponible sur Arte.tv, signe la première collaboration entre Michel Piccoli et Jacques Rivette. Le film résonne étrangement avec Le Mépris de Jean-Luc Godard et octroie à Michel Piccoli le césar du meilleur acteur en 1992. Dans ce film, l’acteur incarne un peintre vieillissant rongé par un secret qui l’obsède : l’abandon, dix ans auparavant, d’un grand tableau qui devait être son chef-d’œuvre. L’arrivée d’un jeune couple, et notamment de Marianne (Emmanuel Béart) dans sa propriété va lui permettre de reprendre cette œuvre.

Michel dans « Party » de Manoel de Oliveira

Michel Piccoli a aussi été un fidèle du cinéaste Manoel de Oliveira, avec qui il a tourné cinq longs-métrages. Dans Party, Leonor et Rogério sont mariés depuis dix ans. Pour célébrer l’événement, une garden party est organisée sur la terrasse de leur beau palais, à Ponta Delgada aux Açores. Deux amis, Irène, une célèbre actrice grecque d’âge mûr, accompagnée de son amant Michel, joué par Michel Piccoli, un séducteur de longue date, se joignent à eux. Michel en Casanova patenté tente de séduire Leonor…

Le pape dans « Habemus papam » de Nanni Moretti

Luis Buñuel et Michel Piccoli avaient en commun l’anticléricalisme. Après avoir endossé l’habit religieux en 1956 dans La Mort en ce jardin du réalisateur d’origine espagnole, naturalisé mexicain, Michel Piccoli devient souverain pontife dans la succulente farce de Nanni Moretti en 2011, Habemus papam, disponible sur Arte.tv. A peine élu, sans même avoir pris la peine de choisir son nom pontifical, il fait le mur de la cité du Vatican et se perd dans la Rome séculière. Tout comme lui, Michel Piccoli, acteur admirable, était avant tout un homme libre.