« The Room », la pièce de la maison qui transforme les rêves en cauchemar

FANTASTIQUE Thriller fantastique tendance claustrophobique, « The Room », qui sort ce jeudi en VOD, tombe à pic en cette période de déconfinement

Stéphane Leblanc

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L'actrice française d'origine ukrainienne Olga Kurylenko dans le thriller claustrophobique The Room
L'actrice française d'origine ukrainienne Olga Kurylenko dans le thriller claustrophobique The Room — Condor Distribution

Des rêves qui virent au cauchemar dans un huis clos menaçant, il n’en faut pas plus pour faire de The Room de Christian Volckman un petit film fantastique bien dans l’air du temps. Sorti ce jeudi, en VOD, au cœur de la vague épidémique du coronavirus, ce thriller claustrophobique plonge un couple dans la tourmente d’une menace invisible, d’une double nature, suivant qu’il est à l’intérieur de la maison isolée qu’il vient d’acquérir, ou l’extérieur de la bâtisse.

Autant dire que le pitch résonne de manière très particulière en cette période de confinement/déconfinement. « C’est incroyable que ce film sorte au moment même où son sujet nous parle tellement », concède Olga Kurylenko qui sait de quoi elle parle. Le coronavirus, l’actrice française d’origine ukrainienne de 40 ans pense l’avoir attrapé en Italie, juste avant de rentrer chez elle début mars en Angleterre où elle a développé la maladie, puis s’est soignée, avant de repartir, une fois guérie, se confiner avec son jeune fils en France. « Dans notre maison de campagne provençale, loin de tout », précise-t-elle.

Une maison isolée, comme celle du film, dont une pièce dérobée a la particularité pour ceux qui y pénètrent de voir leurs souhaits exaucés.

Le couple, un peu fauché, va d’abord se rêver une nouvelle vie de luxe, avant de demander l’impossible… qui risque de leur être fatal. « Ce film est une métaphore sur ce qu’on est en train de vivre, une réflexion par rapport à l’opulence, quand satisfaire tous ses désirs, paradoxalement, ne rend pas plus heureux mais finit par provoquer la perte de soi-même », explique Olga Kurylenko.

Formellement, cette maison et les visions subjectives qu’elle provoque ne tardent pas à faire penser à Shining. « Christian Volckman, le réalisateur, nous en a bien sûr parlé de Kubrick, mais il a également fait référence aux films de Tarkovski », souligne Olga Kurylenko, ancienne James Bond Girl qui a tourné chez Terrence Malick et qui sait donc ce que les forces spirituelles peuvent produire à l’écran.

A 40 ans, l’ex-mannequin devenu actrice compte plus de 30 films à son actif et des partenaires de premier ordre : Daniel Craig, Ben Affleck, Tom Cruise, Pierce Brosnan, Vincent Cassel, Lambert Wilson ou Romain Duris… « C’est un beau cadeau que vous me faites de me rappeler tous les acteurs que j’ai côtoyés. » Y en aurait-il un, en particulier, avec qui elle aurait pu envisager de se retrouver confiner ? Sa réponse est sans équivoque : « Ce sont tous des gens extraordinaires, mais de là à passer mes journées en confinement avec eux, je ne pense pas… On serait trop près. Je préfère les avoir comme simples amis. »