Coronavirus : Pendant le confinement, les cinéphiles se consolent avec des séances virtuelles

CINÉMA Plus de 200 salles proposent des séances sur la plate-forme mise en place par le distributeur La Vingt-Cinquième Heure

Jérôme Gicquel

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Avec le confinement et la fermeture des cinémas, la société La Vingt-Cinquième Heure invente les séances virtuelles.
Avec le confinement et la fermeture des cinémas, la société La Vingt-Cinquième Heure invente les séances virtuelles. — La Vingt-Cinquième Heure
  • Les cinémas fermés jusqu'à nouvel ordre, des initiatives se montent pour proposer des séances virtuelles.
  • La société La Vingt-Cinquième Heure permet ainsi à plus de 200 cinéma d'organiser des séances, suivies de rencontres avec les équipes des films, sur sa plate-forme.
  • Pour sa première séance, le cinéma L'Arvor à Rennes a vendu 269 tickets.
  • Il renouvelle l'opération ce mercredi soir à 20h15 avec la projection du documentaire En Politica

Partager des pleurs, des joies ou des rires avec ses voisins. Autant d’instants de communion qui font le charme des salles obscures. Mais depuis le 15 mars et la fermeture de tous les lieux recevant du public considérés comme non indispensables, les cinémas sonnent désespérément vides. Et aucune date n’a pour l’heure été fixée par le gouvernement pour leur réouverture. Face à ce dilemme, l’industrie cinématographique essaie de se réinventer pour tenter de faire vivre des films et de garder un lien avec les spectateurs.

C’est le cas de la société de production et de distribution La Vingt-Cinquième Heure qui a développé une plate-forme de séances virtuelles. « L’idée est de reconstituer peu ou prou la programmation des cinémas avant leur fermeture », souligne Pierre-Emmanuel Le Goff, l’un des fondateurs associés de la société.

Des rencontres avec l’équipe du film après la séance

A la différence des plates-formes de VOD ou de streaming, dont le trafic explose depuis le début du confinement, les séances sont retransmises en direct. Pour s’offrir une toile depuis son salon, les spectateurs doivent s’acquitter, comme dans la vraie vie, d’un ticket d’entrée. Mais encore faut-il que leur salle de cinéma préférée joue le jeu. Car l’accès aux séances étant géolocalisé, seuls les spectateurs situés dans un périmètre variant de 5 à 50 kilomètres peuvent y accéder. « On redonne aussi les clés aux programmateurs qui peuvent choisir de programmer tel ou tel film le jour de leur choix », précise Pierre-Emmanuel Le Goff.

Riche désormais d’une cinquantaine d’œuvres, dont beaucoup de films d’art et essai, le catalogue a d’abord mis en avant les films de La Vingt-Cinquième heure, comme le documentaire Les Grands Voisins qui a ouvert le bal fin mars. La société a depuis ouvert sa plate-forme aux productions d’autres distributeurs comme Sankara n’est pas mort qui aura le droit à une sortie virtuelle nationale ce mercredi. A l’issue de certaines séances, des rencontres sont également organisées avec l’équipe du film qui répond aux questions des spectateurs via un système de tchat.

269 tickets vendus pour la première séance de l’Arvor à Rennes

Ces séances de cinéma virtuelles ont très vite trouvé un écho positif auprès des salles françaises qui sont désormais plus de 200 à proposer des séances. C’est le cas du cinéma l’Arvor à Rennes qui a vendu 269 tickets pour sa première projection le 11 avril. « C’est très réjouissant en cette période », souligne son programmateur Eric Gouzannet, qui a été touché par les nombreux mails reçus à l’issue de la séance. « Beaucoup m’ont dit qu’ils avaient eu l’impression d’aller au cinéma, de partager un vrai moment ensemble », souligne-t-il.

Après cette première réussie, le cinéma L’Arvor va reconduire l’opération ce mercredi soir avec la projection à 20h15 du documentaire espagnol En Politica. « C’est un moyen d’aider tous ces films et ces salles qui sont dans une situation fragile et de les accompagner vers la reprise », assure Pierre-Emmanuel Le Goff. Une reprise qui, de l’avis de tous, s’annonce bien compliquée pour les cinémas qui n’auront d’autre choix que de faire respecter les règles de distanciation sociale au moment de leur réouverture.