Suzy Delair, égérie de Clouzot et doyenne des actrices françaises, est morte

DISPARITION L’héroïne de « Quai des Orfèvres » est décédé à l’âge de 102 ans

A.D.

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L'actrice Suzy Delair dans « Pattes blanches» en 1946.
L'actrice Suzy Delair dans « Pattes blanches» en 1946. — MARY EVANS/SIPA

Elle était une immense star de la chanson et du cinéma dans les années 1950 et 1960. L’actrice, chanteuse et danseuse Suzy Delair, vedette de L'Assassin habite au 21 de Henri-Georges Clouzot, est décédée ce dimanche à l’âge de 102 ans, selon les informations de nos confrères du Point, confirmées par l'AFP.

Née à Montmartre le 31 décembre 1917, fille d'une couturière et d'un sellier-carrossier, Suzy Delair, apprentie-modiste chez Suzanne Talbot, rêve de devenir comédienne. Adolescente, elle fait ses débuts au cinéma et au théâtre comme figurante.Elle se fait connaître grâce au music-hall aux Bouffes Parisiens, aux Folies-Bergères ou encore au Châtelet. 

De Clouzot à Oury

Sa rencontre avant-guerre avec Henri-Georges Clouzot allait tout changer. Elle marque l’histoire du cinéma pour ses rôles de Mila Malou dans L'assassin habite au 21 et de Jenny Lamour dans Quai des Orfèvres, deux films réalisés par son compagnon, Henri-Georges Clouzot, respectivement sortis en 1942 et 1947. Elle s’illustre aussi dans Gervaise, adaptation de L'Assommoir, le roman d'Emile Zola porté à l'écran par René Clément.

Elle apparaîtra jusque dans les années 1970 dans de nombreux films comme Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli) de Luchino Visconti, Paris brûle-t-il ? de René Clément, ou encore Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury, où elle incarne l’épouse de Louis de Funès. 

« Mon refus de flirter quand il aurait fallu»

« On me fait trop rarement travailler. Sans doute me fait-on payer à la fois de ne pas appartenir à des chapelles, les aventures masculines auxquelles j'ai parfois sacrifié ma carrière, et surtout, mon refus de flirter quand il aurait fallu le faire», déplore-t-elle en 1982

La Cinémathèque française lui rend hommage en 2004 avec un cycle de projections reprenant Quai des Orfèvres, Lady Paname, Pattes blanches, Gervaise, Le Couturier de ces dames, et le sketch Une couronne mortuaire extrait de Souvenirs perdus. En 2000, l'artiste est décorée de l'Ordre national du Mérite, et obtient l'Ordre national de la Légion d'honneur en 2006.