VIDEO. Shadowz, une plateforme de streaming 100 % horreur, débarque ce vendredi 13 (bouh)

SVOD Dans la guerre des plateformes SVOD, certains acteurs jouent sur d'autres fronts, de niches mais avec des communautés fidèles

Vincent Julé

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«The Green Inferno» d'Eli Roth est l'un des films disponibles au lancement de la plate-forme Shadowz, dans la sélection «pas vegan» (tu m'étonnes)
«The Green Inferno» d'Eli Roth est l'un des films disponibles au lancement de la plate-forme Shadowz, dans la sélection «pas vegan» (tu m'étonnes) — Worldview Entertainment

Netflix, Prime Video, Apple TV+… Alors que la guerre des plateformes s’apprête à livrer sa plus grosse bataille à date avec l’arrivée de Disney+ le 24 mars, d’autres acteurs de la SVOD jouent sur des fronts plus modestes, voire de niche, mais prometteurs. C’est le cas de Shadowz, première plateforme française de streaming – ou de « screaming » pour reprendre leur joli jeu de mots – consacrée aux films de genre. Elle profite du vendredi 13 (!) mars pour se lancer, après une campagne de financement participatif réussie et avec un catalogue de près de 200 courts et long métrages horrifiques, fantastiques, SF, thrillers…

Le genre, mal aimé des chaînes et des plateformes ?

Derrière cette initiative se cache VOD Factory, qui, comme son nom l’indique, est un spécialiste de la VOD en France, avec trois cordes à son arc : « un volet technique pour les portails VOD de SFR, la Fnac ou CDiscount, un rôle d’agrégateur et de distributeur d’offres OTT à destination des opérateurs Internet, et la création pure de services SVOD à l’instar de Shadowz », explique Christophe Minelle, responsable marketing chez VOD Factory et créateur de Shadowz. La start-up n’en est pas à sa première plateforme, avec déjà Spicee, un projet racheté et dédié aux documentaires, ou encore QueerScreen, en partenariat avec Optimale, un distributeur de films LGBT+.

« Shadowz est notre première plateforme montée tout seuls, précise Christophe Minelle. On y a investi beaucoup, on y croit énormément. En tant que passionnés de genre, nous nous sommes rendu compte, et nous ne sommes pas les premiers, qu’il y a un manque, un vide, pour les films d’horreur. Ces derniers ne passent pas en prime time, donc les chaînes ne les financent pas, et même sur les plateformes existantes, c’est souvent la prime à la nouveauté avec très peu de classiques, ou même de films d’avant 2000. »

Une communauté fidèle et investie

D’autres services comme FilmoTV défendent déjà le genre, à leur niveau, mais le modèle revendiqué par Shadowz est Shudder, le Netflix de l’horreur qui compte un million d’abonnés aux Etats-Unis et au Canada surtout, mais aussi au Royaume-Uni ou en Irlande. Il était même question que le service se déploie dans le reste du monde et de l’Europe. « Heureusement qu’ils ne sont pas venus en France », plaisante le responsable de Shadowz, qui met en avant les difficultés financières d’AMC Networks, propriétaire de Shudder et chaîne de la série morte-vivante The Walking Dead (ceci explique peut-être cela).

Comme Shudder, Shadowz cible la communauté des fans de genre, une communauté très fidèle et très investie. La preuve avec la campagne Ulule mise en place pour la plateforme, « moins pour la financer que pour vérifier l’intérêt du public », et qui a collecté trois fois son objectif de départ. « L’idée est que la communauté fasse de Shadowz leur média, leur maison, avec des parrains que sont les cinéastes de genre français. Ils sont nombreux à être partants, à vouloir faire du contenu exclusif entre deux films, quand on sera plus gros, et d’ici-là à participer à des playlists, des cartes blanches, des scènes cultes… »

Les Carpenter, Romero, Argento sont là

Concernant le catalogue, et c’est un peu l’essentiel, Shadowz essaye d’être équilibré avec « des classiques de chez les classiques, des films moins connus de réalisateurs ou époques incontournables, des pépites peu distribuées en France, etc. » Les Carpenter, Romero, Argento sont bien là, avec également des films cultes plus récents (The Descent, Donnie Darko, Mister Babadook), un focus sur la Ozploitation, le cinéma d’exploitation australien, ainsi qu’une sélection de courts-métrages français, peu vus hors du circuit des festivals.

Enfin, à l’instar des Netflix Originals et toutes proportions gardées, Shadowz veut proposer du contenu inédit, des films jamais sortis, « comme French Blood, une anthologie de sketchs par un collectif de cinéastes français ». Après son lancement vendredi, la plate-forme continuera d’étoffer son offre, avec la promesse de nouvelles curiosités, voire de gros coups, à partir de 4,99 euros par mois, avec un essai de sept jours gratuit. Et après on meurt d'effroi comme dans Ring ?