« La Danse du serpent » : « C’est dans l’inattendu que la magie opère », estime la réalisatrice brésilienne de ce film costaricain

FANTASTIQUE Le spectateur vit une expérience multisensorielle en découvrant « La Danse du serpent » en salle ce mercredi

Caroline Vié

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«La Danse du serpent» de Sofia Quirós Ubeda
«La Danse du serpent» de Sofia Quirós Ubeda — Eurozoom
  • Ce film costaricain fait découvrir un pays et ses coutumes par les yeux d’une adolescente.
  • La réalisatrice brésilienne Sofia Quirós Ubeda plonge dans une nature sauvage avec son héroïne, offrant un voyage fascinant à travers le récit d'une fable sociale.

Ce n’est pas tous les jours qu’un film du Costa- Rica est distribué en salle ! La Danse du serpent de Sofia Quirós Ubeda, fable sur une orpheline déchirée entre la mort de ses proches et les désirs de l’adolescence, séduit par son charme intemporel et son approche originale du genre fantastique.

Pour ce film découvert à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2019, la réalisatrice brésilienne développe brillamment son court-métrage Selva qu’elle avait présenté au même endroit deux ans plus tôt. La lumineuse Smachleen Gutiérrez, qui y reprend son rôle, est passée de l’enfance à l’adolescence entre les deux films. Sofia Quirós Ubeda a construit son récit autour d’elle. « C’était comme un retour en enfance pour nous tous. Avec les acteurs non-professionnels, nous avons privilégié l’improvisation, ils pouvaient nous faire leurs propositions : c’est dans l’inattendu que la magie opère ! », confie-t-elle à 20 Minutes.

Apprendre à grandir

La petite doit apprendre à grandir après le décès de la grand-mère qui constituait son seul modèle féminin. Son évolution douloureuse est enrichissante, tant elle renseigne à la fois sur son pays aujourd’hui et sur ses coutumes ancestrales. La réalisatrice maîtrise tout autant la chronique sociale que le conte dans la nature sauvage de Tortuguero où elle fait évoluer son héroïne. Chaque étape de sa mue entraîne dans la danse sur une partition très réussie de  Wissam Hojeij. La magie des Carabes hypnotise car elle évite soigneusement le piège d’un exotisme facile. Tout est sensation dans l’univers subtil qu’offre Sofia Quirós Ubeda.

Loin et fort

Très vite, on se laisse emporter dans un monde magique où les humains se métamorphosent en animaux au gré de rituels fascinants et où les fantômes communiquent avec les vivants. « Notre méthode de travail était flexible, en accord avec la nature et son caractère imprévisible comme la pluie et les orages, se souvient Sofia Quirós Ubeda. Le processus était ludique : toute l’équipe technique et les acteurs étaient liés ». Son talent permet de partager leur expérience par écran interposé. On sort de la salle avec l’impression d’avoir voyagé. Loin et fort. Ça fait du bien !