« L’Etat sauvage »: Un bon western aux touches féministes et francophones signé David Perrault

A l'OUEST David Perrault entraîne des femmes sur les pistes de l’Ouest dans « L’Etat sauvage » au cinéma ce mercredi

Caroline Vié

— 

«L'Etat sauvage» de David Perrault
«L'Etat sauvage» de David Perrault — Pyramide Films
  • « L’Etat sauvage » suit des jeunes Françaises tentant de fuir le Missouri pendant la guerre de Sécession.
  • Alice Isaaz et Déborah François y campent des personnages subtils et originaux.
  • Le réalisateur David Perrault signe un film d’aventures à la fois intimiste et spectaculaire.

On avait laissé le réalisateur David Perrault avec les catcheurs de Nos héros sont morts ce soir en 2013. Le voilà de retour avec L’Etat sauvage, western aussi réussi qu’ambitieux. Plus que Jacques Audiard pour Les Frères Sisters, le cinéaste a choisi de s’attaquer à ce genre typiquement américain en lui apportant une touche française et féministe à travers ses deux héroïnes incarnées par  Alice Isaaz et Déborah François.

« Quand j’ai découvert qu’il y avait eu des colons français dans le Missouri pendant la guerre de Sécession, cela m’a inspiré l’idée de me lancer dans un western », explique le cinéaste à 20 Minutes. Ces derniers ne prennent pas position entre les Sudistes et les Nordistes, ce qui les laisse en porte-à-faux et les oblige à quitter leur domaine. » Entre drame historique, aventures dans des paysages superbes et réflexion intimistes, David Perrault réussit une œuvre originale et palpitante.

Une approche "à l’italienne"

« Je suis un grand fan de cinéma de genre, insiste le cinéaste. J’ai voulu m’attaquer au western comme l’ont fait les Italiens à l’époque de Sergio Leone, à savoir m’approprier un genre qui a priori ne m’appartient pas. » Pour ce faire, David Perrault flirte avec le fantastique afin de faire évoluer ses héroïnes en fuite, tentant de rejoindre New York pour échapper au conflit. Leur périple emporte le spectateur dans une nature aussi sauvage que sublime. Le film a été tourné au Canada dans des conditions très rudes qui favorisent cette impression de dépaysement.

Entre force et fragilité

Les héroïnes, bien campées, apportent aussi une facture très personnelle à L’Etat sauvage. « Je n’ai pas souhaité féminiser des archétypes masculins, insiste-t-il. Mon choix était de créer des personnages de femmes crédibles. » Malmenées par les hommes qui veulent tout décider, elles découvrent la liberté en passant d’un environnement clos aux grands espaces. « Elles échappent à un monde qui les corsète en apprenant à gérer le danger », raconte David Perrault. Leur force et leur fragilité leur font prendre le chemin douloureux d’une émancipation nécessaire.

Un récit d’aventures intime

La puissance d’un mercenaire mystérieux, joué par Kevin Janssens, comédien flamand vu dans Les Ardennes, fait aussi planer une tension sensuelle sur L’Etat sauvage. « J’ai conçu ce film comme un récit d’aventures intime, déclare David Perrault. C’est peut-être en cela que j’estime qu’il est typiquement français. » Il parvient en tout cas à fasciner en entraînant le public sur des pistes semées d’embûches.

«Nos héros sont morts ce soir», voyage au pays du catch