Les trois couleurs des films de Bong Joon-ho dont « Parasite » ressort en noir et blanc

BLACK & WHITE « Parasite » est visible dans une nouvelle version en noir et blanc au cinéma ce mercredi puis dans un magnifique coffret collector le 28 février

Caroline Vié

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Bong Joon-ho dirige Song Kang-ho dans «Parasite»
Bong Joon-ho dirige Song Kang-ho dans «Parasite» — Les Bookmakers/The Jokers
  • « Parasite » a été couvert de récompenses depuis sa Palme d’or en mai dernier.
  • Le film est distribué en couleur puis en noir et blanc.
  • Cette comédie très sombre correspond bien à la filmographie de son réalisateur.

Vous avez aimé Parasite de Bong Joon-ho, conte cruel lauréat de la Palme d’or et de quatre Oscars ou vous ne l’avez pas encore découvert ? Sa ressortie en salle dans une étonnante version en noir et blanc puis la distribution d’un coffret collector le 28 février offrent d’excellentes occasions de voir ou de revoir l’œuvre du réalisateur sud-coréen.

« J’ai une imagination débordante, confiait le cinéaste à 20 Minutes au moment de la sortie de The Host en 2006. J’aime tellement le cinéma que je prends un malin plaisir à mélanger tous les genres. » Depuis ce film où il lâchait un monstre aquatique sur Séoul, le cinéaste, découvert en France avec Memories of Murder (2003) a peaufiné cette recette avec un enthousiasme gaillard. 20 Minutes revient sur les couleurs qui font la spécificité de son cinéma.

Le noir, ça va avec tout

De Barking Dogs Never Bite (2000), son premier long-métrage où un jeune homme pétait un plomb à force d’entendre le chien de son voisin aboyer à Parasite, le réalisateur s’est toujours plu à dénoncer la noirceur de l’âme humaine. Dans Memories of Murder, le flic est presque aussi fou que l’assassin qu’il traque. Et on ne confierait pas ses gamins à la maman surprotectrice de Mother (2009). « Les gens gentils ne me passionnent pas autant que ceux qui ont une case de vide » confiait Bong Joon-ho au moment de la sortie de ce film.

Le rouge lui va si bien

Un peu de sang secoue toujours le spectateur dans les combats du film de science-fiction Snowpiercer (2013), spectaculaire adaptation du Transperceneige. Le rouge est aussi à l’honneur dans les abattoirs d’Okja où une adorable truie transgénique risque de finir en chair à saucisse. Une fête de famille tourne aussi au carmin dans Parasite. Quant au monstre cannibale de The Host, il mange plutôt salement. « Je n’ai rien contre le gore car il produit toujours son petit effet sur le public », nous avouait Bong Joon-ho en 2006.

Jaune comme le rire du spectateur

L’humour noir du cinéaste peut faire voir rouge ou faire rire jaune ! « Ce qui compte pour moi est l’effet de surprise, nous disait-il à Cannes en mai dernier. Je n’ai qu’une crainte, celle que le spectateur s’ennuie. C’est aussi pour cela que j’aime user d’un humour provocateur. » Cette méthode qu’il utilisait tout aussi bien dans The Host que dans Okja est particulièrement au point pour Parasite où le rire s’étrangle souvent dans la gorge pendant les règlements de comptes de deux familles qui se disputent une maison.