« Un divan à Tunis » : Une séance réjouissante chez la psy Golshifteh Farahani

THERAPIE La psychanalyste Golshifteh Farahani écoute ses patients pour « Un divan à Tunis » en salle ce mercredi

Caroline Vié

— 

 Golshifteh Farahani dans « Un divan à Tunis » de Manele Labidi
Golshifteh Farahani dans « Un divan à Tunis » de Manele Labidi — Diaphana Distribution
  • Après avoir étudié à Paris, un psychanalyste décide d’ouvrir un cabinet de consultations dans sa Tunisie natale.
  • « Un divan à Tunis » est éclairé par la présence de la comédienne iranienne Golshifteh Farahani.
  • Cette comédie offre un bel état des lieux de la Tunisie après la révolution de 2012.

Elle est un rayon de soleil dans Un divan à Tunis de Manele Labidi. Golshifteh Farahani éblouit par son énergie en psychiatre qui revient dans son pays natal après avoir fait ses études en France. La comédienne iranienne apporte une belle dose de fantaisie à cette comédie réjouissante ancrée dans la réalité tunisienne actuelle.

« La jeune femme que j’incarne à un côté naïf mais elle est pleine de bonne volonté, explique l’actrice à 20 Minutes. Elle veut faire profiter son pays de ce qu’elle a appris à Paris et découvre que les choses ne sont pas si simples. » Dans une Tunisie en pleine mutation, ses services sont bienvenus mais pas toujours bien compris par la population à qui elle les propose. Certains pensent même que si une femme se fait payer pour faire allonger ses clients, c’est qu’elle doit monnayer ses charmes. Un des nombreux gags et quiproquos ménagés par un scénario malicieux.

L’administration, ce fléau

« C’est l’humour du scénario qui m’a touchée, précise Golshifteh Farahani. La différence qu’il peut y avoir entre la générosité de cette psy et la réalité du terrain m’a amusée. » Il faut que l’héroïne ait l’âme cheville au corps pour se faufiler dans les failles d’une administration kafkaïenne.

Quand elle découvre qu’il lui manque un papier pour pouvoir exercer en toute légalité, elle entame un véritable parcours de la combattante. « L’administration, ça me connaît et cela n’a rien de typiquement tunisien ! » s’exclame l’actrice. Ses visites à l’employée du ministère qui essaye de lui vendre toutes sortes de produits sont hilarantes.

La psychanalyse, ce bienfait

Le rire pointe souvent son nez dans ce film revigorant mais Manele Labidi en profite aussi pour parler de la réalité tunisienne et de sa population un brin déboussolée après la révolution de 2012. L’arrivée de cette femme solaire sert de révélateur à ses patients. « Elle fait souffler un vent de liberté sur les gens qu’elle rencontre, insiste Golshifteh Farahani. Se confier à elle leur permet de faire un point sur leur vie. »

Coiffeuse fofolle, adolescente rebelle et boulanger homosexuel mal dans sa peau trouvent à qui parler sur le fameux canapé. La bienveillance de la thérapeute met un baume sur leur cœur. Comme sur celui d’un spectateur ravi de s’être étendu sur Un divan à Tunis, le temps d’une projection.