« Le Prince oublié » : Paternité, collants moulants et conte fantastique.... Omar Sy se confie sur son double rôle pour Michel Hazavanicius

INTERVIEW Omar Sy est épatant dans le double rôle d'un père déboussolé et du justicier d’une contrée imaginaire dans « Le Prince oublié » en salle ce mercredi

Propos recueillis par Caroline Vié

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Omar Sy et Michel Hazavanicius sur le tournage du «Prince oublié»
Omar Sy et Michel Hazavanicius sur le tournage du «Prince oublié» — Roger Arpajou/Gaumont
  • Dans « Le Prince oublié », Omar Sy évolue entre deux univers.
  • Il est un papa veuf dans la réalité et un prince redresseur de torts dans le monde fictif qu’il a créé pour sa fille.
  • Cette comédie sur un père face à sa fille qui grandit flirte avec le fantastique de façon originale.

Michel Hazavanicius offre un bien beau rôle à Omar Sy dans Le Prince oublié. Le comédien césarisé pour Intouchables et le réalisateur oscarisé pour The Artist ont pris un malin plaisir à mélanger réalité et féerie. Ils décrivent comment un papa veuf, qui a créé un monde imaginaire dont il est le héros pour sa fille, prend fort mal qu’elle grandisse et se choisisse un autre prince charmant.

Dans la réalité, le héros se fait faire les yeux doux par une pétillante voisine incarnée par Bérénice Bejo. Dans le conte, le prince se fait pourrir la vie par un méchant joué par François Damiens. Le va-et-vient entre les deux mondes donne des situations aussi drôles que tendres. Omar Sy a parlé de cette comédie originale avec 20 Minutes.

Le film vous a-t-il rappelé vos rapports avec vos propres enfants ?

C’est justement ça qui m’a intéressé. Quand les enfants grandissent, ils vivent une révolution et vous vivez la même en tant que parent. Il faut trouver le moyen de les accompagner sans leur communiquer votre angoisse. C’est de cela que parle le film avec humour. Le Prince oublié montre comment le monde d’un père bascule quand sa fille grandit.

Vous identifiez-vous plus au père du film ou au Prince ?

Aux deux à la fois et c’est cela qui m’a passionné ! Le père prend des allures d’homme calme qui semble tout gérer sans stress. C’est ce qu’il projette vers l’extérieur. Les réactions du Prince sont celles que le papa ressent intérieurement et il est en panique de voir sa place de héros de sa fille menacée par un gamin.

Les costumes du Prince étaient-ils difficiles à porter ?

Ils faisaient partie intégrante de l’univers de Michel Hazavanicius tout comme les « malmes », ces palmes qu’on porte comme des gants et qui permettent aux cœurs vaillants de s’envoler. Il faut y croire pour que ça fonctionne. J’ai essayé de négocier pour que le Prince oublié ne porte pas de collants, mais Michel a fini par me convaincre qu’il fallait y aller à fond.

A qui le film est-il destiné ?

A toutes les tranches d’âges ! Parents et enfants échangent des regards complices, parfois un peu gênés pendant les projections. C’est génial de voir comment le film est bien reçu par des générations différentes. Peut-être parce que c’est tout simplement une grande histoire, une épopée fantastique à taille humaine dans laquelle chacun peut se reconnaître. C’est une vraie aventure que d’être parent.

Quelle sera votre prochaine aventure professionnelle ?

On me verra le 19 février dans L’Appel de la forêt, une belle histoire où je donne la réplique à Harrison Ford. Puis, je serai Arsène Lupin dans une série pour Netflix. Ce rôle va me permettre d’aborder un registre très différent de ce que j’ai joué jusqu’alors. Je crois que les gens seront surpris de me voir ainsi.

En attendant, vous vous préparez à voter pour les César ?

Je vais mettre en avant deux films que j’adore et que je soutiens : Hors Normes du duo Toledano/Nakache et Les Misérables de Ladj Ly pour lequel j’ai aussi voté aux Oscars. Ce sont des œuvres fortes, réalisées par des gens que j’estime. Je les ai trouvées dans un timing idéal par rapport à notre société d’aujourd’hui.