« La Fille au bracelet » : Plongée au cœur du procès d’une jeune fille accusée de meurtre

PROCES Le film de Stéphane Demoustier nous plonge dans le procès aux assises d’une fille à peine majeure accusée d’avoir tué sa meilleure amie

Caroline Vié

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Anaïs Demoustier dans «La Fille au bracelet» de Stéphane Demoustier
Anaïs Demoustier dans «La Fille au bracelet» de Stéphane Demoustier — Le Pacte/Matthieu Ponchel
  • L’héroïne de « La Fille au bracelet » est accusée d’avoir poignardé sa meilleure amie.
  • Alors qu’elle passe en cours d’assises, ses parents s’interrogent sur sa culpabilité.
  • La découverte Melissa Guers donne la réplique à Anaïs Demoustier, Chiara Mastroianni et Roschdy Zem dans ce film passionnant.

La Fille au bracelet de Stéphane Demoustier plonge le spectateur en plein procès. Celui d’une jeune fille (incarnée par la découverte Melissa Guers) accusée d’avoir tué brutalement sa meilleure amie. Toutes deux étaient mineures au moment des faits.

Le bracelet du titre n’a rien à voir avec un quelconque bijou. Il s’agit de celui, électronique, que porte la suspecte depuis les deux ans où elle est sous contrôle judiciaire avant son jugement.

Le réalisateur de Terre battue (2014) montre ses rapports avec ses parents (joués par Chiaria Mastroianni et Roschdy Zem) mais il insiste surtout sur les détails du procès. S’il est inspiré du film argentin Acusada (2019) de Gonzalo Tobal pour construire son intrigue, La Fille au bracelet permet de mieux comprendre comment fonctionne un tribunal en France.

Précis sans être documentaire

« Je ne voulais pas tomber dans une vérité documentaire, mais il m’importait que ce soit crédible. Le scénario fini, je l’ai d’ailleurs fait relire par des juges et des avocats », explique Stéphane Demoustier. Il a adapté son intrigue au système français. Le spectateur souvent plus habitué par la fiction à visiter des prétoires américains, est parfois surpris par le fonctionnement de la cour d’assises.

Le cinéaste insiste aussi sur la vie de famille de la suspecte entre des parents qui tentent de se persuader de son innocence tout en étant visités par le doute quand ils découvrent l’intimité de leur fille.

Les preuves de la procureure

Anaïs Demoustier, sœur du réalisateur à la ville, incarne une procureure résolue à faire ses preuves devant ses aînés en ne laissant aucune chance à l’accusée. « Ce personnage correspond à une réalité, insiste Stéphane Demoustier. On recourt très souvent à des substituts du procureur qui sortent de l’école en raison d’une crise de l’emploi dans la magistrature Ces jeunes femmes sont souvent plus royalistes que le roi car elles doivent prouver qu’elles sont à leur place. » L’acharnement de cette dernière sur la jeune fille est l’un des moteurs de ce film au suspense prenant.

Un vrai tribunal

C’est à Nantes que Stéphane Demoustier a posé sa caméra après avoir obtenu l’accord de la Chancellerie pour tourner dans un véritable tribunal. Les figurants de La Fille au bracelet n’avaient pas lu le scénario. L’audience était partagée sur la culpabilité de l’héroïne se souvient le cinéaste. « Certains changeaient d’avis en cours de route, c’était drôle. » Il en est de même pour le public qui se laisse emporter par une intrigue diabolique et finement mise en scène.