Césars 2020: Marlène Schiappa serait « indignée » de voir une salle « applaudir » Roman Polanski

POLEMIQUE « Je serais indignée de voir une salle entière debout en train d’applaudir une personne accusée de viol », a commenté Marlène Schiappa, la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes

A.D.

— 

La secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa.
La secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa. — SICCOLI PATRICK/SIPA

Le cas Roman Polanski embarrasse toujours le cinéma français. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, a été invitée à commenter les 12 nominations du film J’accuse de Roman Polanski, aux Césars 2020, dont celles de la meilleure réalisation et du meilleur film, à l’antenne de LCI ce jeudi. « Les Césars sont-ils complices de la culture du viol ? », lui demande Elizabeth Martichoux.

« Je n’ai pas le sentiment que le cinéma français ait fait sa mue en ce qui concerne les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes », a notamment commenté la secrétaire d’Etat. Les 4.313 professionnels du 7e art qui votent pour les Césars ont plébiscité le film d’un réalisateur accusé de viol et d’agression sexuelle par onze femmes et toujours poursuivi par la justice américaine pour des faits remontant à 1977.

« Quel message cela envoie aux femmes » ?

Et la secrétaire d’Etat de poursuivre : « Pendant très longtemps, on nous a expliqué que lorsqu’un homme était accusé de viol par une femme, il voyait sa carrière brisée, sa vie était terminée. Là, on voit que ce n’est absolument pas le cas et que ce sont plutôt les femmes ayant le courage de parler qui voient des portes se fermer. »

Le président de l’Académie Alain Terzian a argué que les Césars ne sont « pas une instance qui doit avoir des positions morales ». « Ça me choque, je me demande quel message cela envoie aux femmes, notamment à celles qui vont travailler dans le monde du cinéma », réagit Marlène Schiappa. Et de rappeler que « nous ne nous demandons pas ce que Valentine Monnier », la Française qui accuse le réalisateur de viol, « peut ressentir ».

« Je serais indignée de voir une salle entière debout en train d’applaudir une personne accusée de viol sans aucune pensée, sans aucune empathie pour les femmes qui voient cette scène et qui ont été violées, pas forcément par Roman Polanski mais par d’autres », a conclu la secrétaire d’Etat.