César 2020 : « On ne respecte pas les femmes », s'indigne Schiappa après les nominations du film de Polanski

CINEMA Le ministre de la Culture Franck Riester a lui rappelé que l’Académie des César était « libre de ses choix et de son mode de fonctionnement »

20 Minutes avec AFP

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Marlène Schiappa, lors des vœux de Benjamin Griveaux (LREM).
Marlène Schiappa, lors des vœux de Benjamin Griveaux (LREM). — SIPA PRESS

La polémique repart sur Roman Polanski, alors que son film J’accuse, dont la sortie a été perturbée par une nouvelle accusation de viol contre le réalisateur, mène les nominations pour les César annoncées mercredi. Le thriller historique sur l’affaire Dreyfus avec Jean Dujardin, récompensé par le Grand prix du jury à Venise, est en lice pour douze prix pour les récompenses suprêmes du cinéma français, notamment dans les catégories reines de la meilleure réalisation et du meilleur film.

L’annonce des nominations a aussitôt mis le feu aux poudres, relançant la polémique sur le cinéaste franco-polonais de 86 ans, qu’une partie de l’opinion publique et les féministes n’acceptent plus de voir honoré. La secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa s’est interrogée sur RTL sur « le message qui est envoyé ». « Là, je crois que l’on ne respecte pas les femmes », a-t-elle ajouté, estimant que « manifestement, le cinéma n’a pas terminé sa révolution en ce qui concerne les violences sexistes et sexuelles ».

« Il y a deux ans encore, j’étais à la cérémonie des César et elle était placée sous l’égide de #Metoo avec une célébration de la valorisation des femmes, de leur parole, de leur liberté dans le monde du cinéma, quel est là le message que l’Académie des César souhaite envoyer aux femmes ? », a-t-elle insisté. « Je crois qu’on ne respecte pas les femmes et notamment les femmes qui parlent des violences sexuelles qu’elles ont vécu (…) », a-t-elle encore ajouté. « #Metoo, cela a commencé par le cinéma, il ne faudrait pas que, par le cinéma, il y ait un recul pour les femmes ».

Pour Riester, l’Académie des César « est libre de ses choix »

Le président de l’Académie des César Alain Terzian a affirmé que son instance ne devait pas « avoir des positions morales ». « Sauf erreur de ma part, 1,5 million de Français sont allés voir son film. Interrogez-les », a-t-il ajouté.

L’Académie des César « est libre de ses choix et de son mode de fonctionnement », a souligné de son côté le ministre de la Culture Franck Riester. « Il ne me revient pas d’intervenir dans sa procédure de nomination, ni de définir les conditions d’éligibilité des films », a poursuivi le ministre tout en rappelant son engagement contre les violences sexistes et sexuelles. « Un artiste est un justiciable comme les autres », a-t-il souligné dans son communiqué.