« Swallow » : Quelle est l’étrange maladie qui pousse l’héroïne à avaler des objets ?

DESPERATE HOUSEWIFE Haley Bennett incarne une jeune femme atteinte d’un désordre alimentaire dans « Swallow » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Haley Bennett dans «Swallow» de Carlo Mirabella-Davis
Haley Bennett dans «Swallow» de Carlo Mirabella-Davis — UFO Distribution
  • Une future maman apparemment comblée se met à avaler des objets qui ne sont pas comestibles.
  • « Swallow » s’inspire de la Maladie de Pica, un vrai trouble alimentaire.
  • Ce film passionnant et dérangeant se révèle un beau portrait de femme.

Un mari aimant, une belle maison et bientôt un bébé… Hunter, jouée par la sublime Haley Bennett vue dans La Fille du train, a tout pour être heureuse. Pourtant, l’héroïne de Swallow contracte une étrange maladie qui la pousse à ingérer les objets les plus étonnants.

« Hunter a toujours vécu en suivant les codes que lui impose la société, confie le réalisateur Carlo Mirabella-Davis à 20 Minutes. Elle ressent l’impression de contrôler sa vie quand elle avale quelque chose qui n’est pas comestible. » Punaise, terre, bille, pile… tout cela disparait successivement dans le gosier de la belle. Le rôle a valu à son interprète d’être récompensée à Tribeca tandis que le film recevait le prix du 45e Festival de Deauville.

Un désordre alimentaire

C’est après avoir découvert l’existence de la Maladie de Pica que le réalisateur s’est lancé dans ce premier long-métrage de fiction. Carlo Mirabella-Davis s’est livré à des recherches poussées sur cet étonnant désordre alimentaire derrière lequel l’héroïne dissimule un traumatisme terrible. « J’étais fasciné de voir ce que les gens sont capables d’ingérer, admet-il. Et c’est cela qui m’a inspiré le personnage de cette femme qui cache une profonde dépression sous une apparence d’épouse modèle. » Il a rencontré de nombreux malades afin d’essayer de comprendre leurs motivations.

De l’intérieur

« J’ai très vite compris que les personnes atteintes de cette maladie appellent à l’aide parce qu’elles se sentent oppressées, insiste Carlo Mirabella-Davis. C’est le cas pour mon héroïne qui ne parvient pas à extérioriser son malaise et agit donc de l’intérieur. » Il rend parfaitement perceptible l’enfermement que subit cette « desperate housewife » contrainte de se plier aux exigences de son entourage. Ses proches prennent d’ailleurs fort mal sa métamorphose et se montrent totalement incapables de lui venir en aide.



Aider les malades

Carlo Mirabella-Davis espère que Swallow permettra de mieux faire connaître la Maladie de Pica. « Parler de ce type de maux par l’intermédiaire d’une fiction pourrait faire comprendre à certaines personnes qu’elles ne sont pas seules à en souffrir et les encourager à se faire soigner », dit-il. Indépendament de ce but généreux, Swallow parvient à faire vibrer le spectateur pour le beau portrait, dérangeant et revigorant, de femme au cours de sa quête de liberté.