« The Lighthouse » : Comment Pattinson et Dafoe, en gardiens de phares, font-ils autant flipper?

PEUR Robert Pattinson et Willem Dafoe excellent à nous faire peur, isolés face aux dangers de «The Lighthouse» en salle ce mercredi

Caroline Vié

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Robert Pattinson et Willem Dafoe dans «The Lighthouse» de Robert Eggers
Robert Pattinson et Willem Dafoe dans «The Lighthouse» de Robert Eggers — Universal Pictures
  • Deux gardiens de phare sont confrontés à d’étranges phénomènes dans « The Lighthouse ».
  • Robert Eggers joue à fond la carte de l’horreur psychologique et c’est une réussite.
  • Le film a été récompensé à Cannes et à Deauville.

Quel est le film qui a fait trembler les festivaliers à Cannes et à Deauville ? The Lighthouse de Robert Eggers a remporté le Prix Fipresci (de la presse internationale) à la Quinzaine des réalisateurs et le prix du Jury sur les Planches.

Robert Pattinson et Willem Dafoe y incarnent deux gardiens de phare sur une île battue par les vents. Le réalisateur de The Witch (2016) les malmène tout autant que les spectateurs dans ce film d’horreur. « Cette histoire centrée sur deux personnages me permettait de jouer sur l’ambiguïté de façon intéressante », précise le cinéaste dans le dossier de presse. 20 Minutes explique pourquoi le malaise s’empare vite du public.

C’est une histoire vraie

Robert Eggers s’est inspiré de l’histoire d'un gardien de phare survenue en 1801. L’homme a sombré dans la folie après être resté coincé sur une île en pleine tempête avec le cadavre de son collègue, décédé de maladie. Il avait attaché son cercueil à une balustrade de fenêtre mais le corps ayant été à découvert par le vent, les bateaux passant au loin avaient l’impression qu’il leur faisait « coucou ».

C’est en noir et blanc

Même quand on ne sait pas que Roger Eggers a puisé son inspiration dans la réalité, l’atmosphère que le cinéaste fait régner sur l’île est flippante à souhait. Le noir et blanc renforce l’angoisse en rendant chaque recoin du phare menaçant que ce soit en intérieur ou en extérieur. Les attaques de mouettes comme la lumière aveuglante au sommet du bâtiment en rajoutent une couche.

C’est une terreur psychologique

Pas besoin de sang, ni d’effets spéciaux spectaculaires. La montée de la folie chez les deux héros est largement suffisante pour que le spectateur se sente très mal. Robert Eggers a su doser les tête à tête entre les protagonistes de façon à faire monter la tension. Et ça fonctionne : même quand ces deux-là ont l’air de se réconcilier, c’est presque pire car on se doute que ça ne va pas durer.

C’est un festival Robert Pattinson/Willem Dafoe

Les acteurs sont au top. Entre Robert Pattinson en jeunot inquiétant qui cache un passé mystérieux derrière sa moustache tombante et Willem Dafoe en vieux loup de mer autoritaire porté sur la boisson, on se laisse emporter dans un délire poisseux. Chaque comédien relance son partenaire, parvenant à un niveau de performance éblouissant pour nous faire partager sa déraison.