« Star Wars » : Dans quel ordre faut-il regarder les neuf épisodes ?

STAR WARS EDITION SPECIALE On vous donne les différentes options possibles, quasiment sans divulgâcher les films 

Mathilde Loire

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L'ordre de visionnage est toujours une grande question pour les fans de Star Wars.
L'ordre de visionnage est toujours une grande question pour les fans de Star Wars. — Lee Jones/Shutterstock/SIPA

Plus que trois dodos avant la sortie de L'Ascension de Skywalker, et alors que TF1 diffuse dimanche soir Rogue One, une « histoire » de Star Wars. Il est donc plus que temps de (re)voir la saga Star Wars, afin d’être bien sûr de tout avoir en tête. Ou pour la montrer à votre conjoint/meilleure amie/père/grande-tante/enfant afin qu’il ou elle vous accompagne au cinéma à Noël.

Les fans de Star Wars le savent, à chaque fois c’est le même débat interminable : dans quel ordre regarder les épisodes ? On parle ici d’une trilogie originelle (IV, V, VI)  débutée en 1977 se déroulant « il y a très longtemps », d’une prélogie (I, II, III) lancée vingt-deux ans plus tard mais dont l’action se passe vingt ans plus tôt, puis d’une postlogie (VII, VIII, IX) qui, à partir de 2015, montrait ce qu’il se passait 30 ans après le film de 1983… Ouf.

Difficile de décider par où commencer, surtout quand on veut tous les (re)voir. Il est tout à fait possible de ne regarder qu’un Star Wars à la fois, pour revoir une scène que vous avez oubliée, entendre la musique de John Williams ou comparer le X-Wing de Luke à celui que vous avez réalisé en Lego. Mais nous parlerons ici des ordres possibles pour un marathon en règle de la saga.

Option 1 : L’ordre chronologique de l’histoire

I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX

A première vue, suivre la chronologie de l’histoire peut paraître le choix le plus logique. On découvre les événements au fur et à mesure, de l’enfance d’Anakin au début de la prélogie, à la fin de l’Empire dans la trilogie originelle. La postlogie nous raconte ensuite ce qu’il advient de la galaxie, et apporte une conclusion à l’histoire de la famille Skywalker. Cet ordre apporte dès le début une dimension politique forte à Star Wars, et permet de voir évoluer des personnages comme Yoda, Obi-Wan ou R2-D2.

Mais en regardant la trilogie des années 2000 avant celles des années 1970-1980, les différences de moyens et d’effets spéciaux peuvent être bien plus prononcées. Difficile de se passionner pour le combat au sabre laser entre Ben Kenobi et Dark Vador dans le IV, juste après avoir vu celui entre Obi-Wan et Anakin dans le III, par exemple. Quant aux Jedis, alourdis par des considérations sécuritaires et de nombreux interdits, ils ont moins de charme dans la prélogie que dans la trilogie originelle, où ils apparaissent d’abord comme un mythe puissant mais disparu.

Surtout, suivre cette chronologie casse l’effet de surprise lors des révélations des épisodes V et VI, alors même qu’elles soulèvent des questions d’identité qui sont au coeur de la saga.

Option 2 : L’ordre de production des films

IV, V, VI, I, II, III, VII, VIII, IX

C’est sans doute le meilleur ordre pour découvrir la saga quand on ne l’a pas encore vue en entier. C’est aussi le favori de nombreux fans. Regarder Star Wars dans l’ordre scénaristique, dans lequel la majeure partie du public les a découverts au cinéma, fait sens pour plusieurs raisons.

L’épisode IV, Un nouvel espoir, est un beau mais simple récit initiatique qui permet de plonger sans effort dans la mythologie de l’univers Star Wars. Il se suffit à lui-même, comme George Lucas l’avait réalisé sans savoir s’il pourrait en faire d’autres. Mais la Force, les rebelles, l’Empire, les pouvoirs instinctifs de Luke… Nous intriguent suffisamment pour donner envie de suivre les aventures de personnages bien plus attachants que ceux de la prélogie.

Pour quelqu’un qui ne connaît pas, notamment pour des enfants qui n’ont pas encore eu le temps d’entendre de multiples références Star Wars, les surprises des épisodes V et VI restent complètes. Enchaîner avec la prélogie fonctionne bien également, puisque l’on est déjà attaché aux personnages, et fascinés de suivre l’évolution du tout jeune Anakin vers son destin. Avec la postlogie, cet ordre se complique toutefois : il faut passer du III au VII, avec plus de cinquante années d’écart entre les deux. Mais la trilogie de Disney nous ramène à des personnages connus et au charme un peu vintage des films originels, ce n’est donc pas forcément gênant.

Option 3 : L’ordre « flashback » ou « Machete order »

IV, V, (I), II, III, VI, VII, VIII, IX

De nombreux fans sont désormais partisans d’une alternative, qui permet par ailleurs d’enchaîner les épisodes VI et VII. Il s’agit de regarder la prélogie comme un flashback, à introduire juste après le cliffhanger de l’épisode V. Un saut dans le passé, qui permet de comprendre l’évolution des personnages et de leurs relations, la manière dont ils en sont arrivés là, l’enfance de Luke sur Tatooine et les motivations de l’Empereur et de Dark Vador, juste avant le combat final du VI. Et tout cela, en gardant toutes les surprises de l’épisode V, de l’identité de Yoda aux origines de Luke.

Ce système de flashback est très discuté sur les Internets depuis 2011, et un article de blog de l’ingénieur informatique Rod Hilton. Il y expliquait avoir trouvé l'ordre quasi-idéal pour regarder Star Wars ; celui-ci a depuis été renommé « Machete Order », du nom du blog, Absolutely no machete juggling. Hilton propose donc ce système de flashback, en retirant l’épisode I : il argumente que les événements de La Menace fantôme n’ont que très peu de conséquences sur les films suivants, et qu’il est tout à fait possible de suivre l’histoire d’Anakin à partir du II.

Ce « Machete order » vise surtout à remettre Luke Skywalker et ses origines au centre de la saga, expliquait son créateur à un journaliste du TIME en 2017. Il permet de faire le parallèle entre les parcours d’Anakin et Luke, les héros de la prélogie et la trilogie originelle. Le glissement dangereux de Luke vers le Côté obscur dans Le Retour du Jedi en est d’autant plus captivant. Le plus gros manquement, en retirant l’épisode I, est que l’on ne sait rien des origines sociales d’Anakin ; toutefois, selon Rod Hilton qui a testé cet ordre avec une amie qui n’avait jamais vu Star Wars, cela ne pose pas vraiment de problème.

Option 4 : Dans le désordre

Soyons sérieux : c’est l’option inévitable si vous ne les avez pas en DVD, mais que vous êtes contraint par les rediffusions occasionnelles à la télévision, ou les disponibilités des films sur les plateformes de streaming. On ne vous jugera pas.

Et que faire des Star Wars Story ?

Si vous regardez dans l’ordre chronologique de l’histoire, vous pouvez insérer Solo, puis Rogue One entre les épisodes III et IV, puisque c’est là que se déroule l’action de ces deux films.

Solo n'est pas vraiment indispensable à l’histoire générale de la saga. On pourrait toutefois envisager un visionnage spécial Han Solo, avec un ordre :  Solo, IV, V, VI, VII.

Quant à l'excellent Rogue One, il peut aussi être regardé juste après le IV, pour expliquer comment les Rebelles avaient obtenu les plans de l’Etoile noire. Il est intéressant de le voir juste avant le IV, dont il lance la scène d’ouverture. Il sert alors d’introduction à l’ordre de production, comme un prologue à la saga. Le problème, c’est que Rogue One ne livre pas les éléments d’introduction de l’histoire : le spectateur est supposé connaître Star Wars. Mais c’est peut-être sa qualité : il peut tout à fait introduire l’univers à des newbies, mais sans les histoires complexes. Et cette tragédie passionnante finit sur une note très sombre… Après laquelle on peut alors introduire Un nouvel espoir.

Enfin, le film d’animation The Clone Wars se déroulant entre les épisodes II et III, c’est donc là qu’il faut le visionner.