PIFFF 2019: Attentats, « gilets jaunes », grèves… Le festival du film fantastique de Paris a tout vu

FESTIVAL Si chaque année, le PIFFF fait un état des lieux du cinéma fantastique dans le monde, il a aussi été rattrapé par l'actualité, et plus d'une fois

V. J.

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En dix ans, le Paris International Fantastic Film Festival s'est imposé comme un rendez-vous incontournable du cinéma de genre en France (ceci n'est pas une vraie photo d'OVNI mais l'affiche de de l'édition 2019)
En dix ans, le Paris International Fantastic Film Festival s'est imposé comme un rendez-vous incontournable du cinéma de genre en France (ceci n'est pas une vraie photo d'OVNI mais l'affiche de de l'édition 2019) — PIFFF

En presque dix ans, le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF) s’est imposé comme un rendez-vous incontournable du cinéma de genre en France, aux côtés de L’Etrange Festival, de Gérardmer ou de Strasbourg, mais aussi à l’étranger avec ses copains d’acronyme, le NIFFF à Neuchâtel et le BIFFF à Bruxelles. L’édition 2019 se tient au cinéma Max Linder Panorama à partir de mercredi, et jusqu’au mardi 17 décembre, et si son affiche évoque une invasion alien, le festival doit faire avec plus pragmatique :  les grèves. Ce n’est pas la première fois qu’il est rattrapé par l’actualité.

« Il a été question d’annuler après les attentats du 13-Novembre »

En 2015, la 5e édition du PIFFF doit se dérouler du 17 au 22 novembre au Grand Rex, soit quelques jours après les attentats du 13-Novembre. « Il a été question d’annuler, l’ambiance n’était pas à la fête, confie son délégué général Cyril Despontin. Mais nous avons décidé de maintenir, et les gens sont venus. » Il n’a pas noté de sensible baisse de fréquentation, pour un festival qui accueille en moyenne 10.000 spectateurs, en légère augmentation chaque année. A partir de 2016, le PIFFF déménage au Max Linder sur les grands boulevards parisiens, et se retrouve sur l’itinéraire du mouvement des « gilets jaunes ». En plein Acte 4, le cinéma doit fermer à cause des casseurs. « Par deux fois, nous avons dû baisser le rideau, raconte Cyril Despontin. Et ce n’était pas pendant un film, mais à la fin d’une séance. Il a donc fallu faire sortir les spectateurs par une ruelle derrière. »

Toute comparaison gardée, la différence est que, cette année, le public ne pourra peut-être pas venir. « On regarde les prévisions, on attend les annonces du gouvernement, mais chaque cas est particulier, commente le délégué général. Les lignes de métro 1 et 14 roulent et permettent un accès au Max Linder, de même que 50 % des bus circulent. Mais cela concerne surtout les Parisiens intra-muros. Pour les gens de banlieue et de province, cela devient tout de suite plus compliqué. » A titre indicatif, les cinémas parisiens ont connu un pic de fréquentation le premier jour de grève, jeudi dernier.

Une ouverture test et des séances cultes

Pour le PIFFF, le test sera sa séance d’ouverture mercredi soir, « habituellement toujours complète ». Le film présenté est Color Out of Space, adaptation de H.P. Lovecraft, nouvelle dinguerie de Nicolas Cage, et retour en grâce d’un réalisateur culte mais oublié des années 90, Richard Stanley (Hardware, Le Souffle du démon). Il sera présent, comme de nombreux autres invités. « Nous n’en avons jamais eu autant, ajoute Cyril Despontin. Pour la première fois, nous avons eu l’aide de la Ville de Paris, cela a joué. »

Le festival peut compter aussi sur une programmation riche et éclectique, et sur ses séances de classiques du genre avec la projection de Battle Royale, Rencontres du troisième type, Théâtre de sang, ou encore le slasher Vendredi 13… le vendredi 13 !

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