« Lola vers la mer »: Pourquoi ce film frappe juste pour faire comprendre la transidentité

RECONNAISSANCE Les rapports explosifs d’une jeune fille transgenre et de son père sont au centre de « Lola vers la mer » en salle ce mercredi

Caroline Vié

— 

Mya Bollaers dans «Lola vers la mer» de Laurent Micheli
Mya Bollaers dans «Lola vers la mer» de Laurent Micheli — Les Films du Losange
  • Dans « Lola vers la mer », une jeune fille transgenre se heurte à son père qui la rejette.
  • Benoît Magimel incarne le papa et la comédienne transgenre Mya Bollaers fait ses débuts dans le rôle-titre.
  • Le réalisateur espère que son film aidera à lutter contre la transphobie.

Dans Lola vers la mer de Laurent Micheli, une jeune fille transgenre de 18 ans voit son destin basculer avec le décès de sa mère. Cette dernière devait financer son opération de changement de sexe afin qu’elle puisse définitivement devenir une femme. Ses rapports avec son père ( Benoît Magimel), opposé à sa métamorphose, sont finement analysés par le réalisateur belge de Even Lovers Get the Blues

« Je considère mon film comme un acte militant dans le sens où mon but est d’aider à mieux faire comprendre la transidentité, explique Laurent Micheli à 20 Minutes. J’aimerais qu’il ne touche pas que les personnes concernées et parle au plus large public. » La somptueuse Mya Bollaers, comédienne transgenre qui fait ses débuts dans le rôle-titre après avoir été sélectionnée sur casting, partage ses vues. Elle a tout d’une très jolie jeune femme.

Le choix d’une actrice trans

« Il était capital pour moi de prendre une actrice trans pour jouer Lola, insiste le cinéaste. Cela faisait partie intégrante de ma démarche que de montrer quelqu’un qui a vécu cette expérience. » Mya Bollaers pétille de désir de vivre et de résolution à accomplir son projet même face à un papa qui s’obstine à l’appeler Lionel. « Le scénario ne correspond pas à ma vie, beaucoup moins dramatique que celle de Lola, mais je me suis attachée à son côté rebelle. » Face à un Benoît Magimel dont le personnage s’humanise progressivement, sa Lola éblouit donnant au spectateur une envie de la serrer dans ses bras pour la protéger.

Aborder frontalement la transphobie

« J’ai voulu faire de Lola une héroïne en abordant frontalement la transphobie qui est souvent basée sur la méconnaissance. » Si elle souffre de ce qu’elle doit subir, Lola n’est jamais montrée comme une victime. Le réalisateur lui réserve des moments de magie notamment à l’occasion d’une scène de danse improvisée sur une chanson de Culture Club. La métamorphose de l’héroïne passant d’écorchée vive à une demoiselle épanouie aux cheveux roses volant fait du bien au moral.

Des rôles de filles

« J’ai apprécié que Laurent souligne le côté positif de Lola, une fille qui tient tête aux personnes qui ne l’acceptent pas comme elle est », insiste Mya Bollaers. La comédienne rayonne à la ville comme à l’écran et rêve qu’on lui confie maintenant des rôles cisgenres (de femmes non-trans). « Le jour où on me proposera de jouer une fille sans faire référence au fait que je suis trans, ce sera une victoire éclatante pour moi comme pour les autres », dit-elle. On le souhaite très vite à cette actrice prometteuse, pressentie pour une nomination au César du meilleur espoir 2020.