« Le Voyage du prince »: Jean-François Laguionie donne une suite au « Château des singes »

ANIMATION Le maître de l'animation Jean-François Laguionie offre un prolongement magique au « Château des singes » avec « Le Voyage du prince » au cinéma ce mercredi

Caroline Vié

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«Le Voyage du prince» de Jean-François Laguionie et Xavier Picard
«Le Voyage du prince» de Jean-François Laguionie et Xavier Picard — Gebeka
  • « Le Voyage du prince » permet de retrouver le monde du « Château des singes ».
  • Un gentilhomme échoué dans ce monde à la société sclérosée y rencontre un jeune garçon aventureux.
  • Leur amitié domine ce conte philosophique teinté d’humour et de poésie.

En 1965, Jean-François Laguionie a remporté le Grand prix du Festival d'Annecy avec son court-métrage La Demoiselle et le Violoncelliste. En 2019, le réalisateur octogénaire a obtenu un triomphe similaire sur les bords du lac avec Le Voyage du prince, suite du Château des singes 1999), recevant un Cristal d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

« Je n’étais pas complètement satisfait du Château des singes, confie le cinéaste à 20 Minutes. Je voulais approfondir un concept qui m’est cher, celui de l’étranger débarquant dans un monde qu’il ne comprend pas. » Jean-François Laguionie, cosigne ce poème animé avec Xavier Picard, réalisateur des Moomins sur la Riviera. « Je n’en revenais pas d’avoir trouvé quelqu’un avec qui je me sens aussi en phase », reconnaît Jean-François Laguionie.

Pour les adultes au cœur d’enfant (et vice versa)

Le prince, qui s’échoue sur le continent des primates du Château des singes, noue une relation amicale avec un gamin curieux. « La rencontre est profitable pour l’un comme pour l’autre, insiste le réalisateur. Comme eux, leur entourage va gagner en ouverture d’esprit. » Jean-François Laguionie assume le côté philosophique de ce conte teinté d’humour. « Il est destiné aux adultes qui ont gardé un fond enfantin et aux bambins qui se sentent déjà un peu grands », plaisante-t-il. Son film est, en effet accessible à toutes les tranches d’âges tant il éblouit durablement.

La technique à la rescousse

Depuis le temps que Jean-François Laguionie œuvre dans le domaine de l’animation, il en a connu toutes les évolutions au fil des décennies. « Le Château des singes était un dessin animé alors que Le Voyage du prince fait appel à l’animation numérique », précise-t-il. D’abord réfractaire à cette nouvelle technologie, il a appris à en tirer tous les avantages. « On gagne du temps sans pour autant perdre la qualité du dessin, avoue-t-il. On peut aujourd’hui reproduire le trait du crayon ou la touche du pinceau. » Ce soin apporté à chaque image est source d’enchantement quand les héros évoluent sur une canopée féerique.

Déjà sur le pont

« Je suis heureux de voir que le public a compris que l’animation n’est pas réservée qu’aux petits, déclare Jean-François Laguionie. Les choses ont évolué dans le bon sens depuis mes débuts où Disney avait la mainmise sur le marché. » Le réalisateur est si enthousiaste qu’il prépare déjà Slocum, son prochain enchantement qui mêle la vie d’un navigateur et ses souvenirs d’enfance quand son père construisait un bateau dans le jardin familial. La beauté du Voyage du prince rend déjà impatient de découvrir cette future merveille.

Le Tableau, une merveille signée Jean-François Laguionie