« Skin » : Comment Jamie Bell, en ex-néonazi tatoué, cherche à changer de peau et d'idéologie

SKINHEAD Le réalisateur israélien Guy Nattiv évoque l’histoire vraie d’un skinhead tatoué essayant de rompre avec cette idéologie dans « Skin », disponible en video et en VOD dès ce mardi

Caroline Vié

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Jamie Bell dans «Skin» de Guy Nattiv
Jamie Bell dans «Skin» de Guy Nattiv — The Jokers
  • « Skin » revient sur l’histoire vraie de Bryon Widner, ancien néonazi qui a tout fait pour changer de vie.
  • C’est Jamie Bell qui incarne cet homme courageux dans "Skin", film présenté au Festival de Deauville.

La peau qui donne son titre à Skin de Guy Nattiv, c’est celle de Bryon Widner, skinhead tatoué qui fait le choix de renoncer à son idéologie néonazie. C’est aussi celle des gens qu’il a longtemps haïs pour leur couleur, avant de mûrir et d’essayer de se sortir d’un groupe qui n’entend pas le laisser s’échapper. Le film sort en vidéo chez Lonesome Bear et VOD ce mardi.

Son long cheminement vers la liberté a bouleversé le public du Festival de Deauville en septembre dernier. Quelques mois plus tôt, Guy Nattiv a remporté un Oscar pour Skin, un court-métrage portant le même titre que son long et opposant des suprémacistes blancs à une famille noire. « Les deux films sont différents tout évoquant une thématique commune : le racisme et ce qu’il peut engendrer », confie le réalisateur israélien à 20 Minutes.

Changer de peau

Jamie Bell, remarqué dans les rôles-titres de Billy Elliott et du Tintin de Steven Spielberg, apparaît méconnaissable dans le rôle du héros au visage couvert de tatouages. « Nous nous sommes inspirés de ceux du véritable Bryon Widner, insiste Guy Nattiv. C’était très traumatisant pour Jamie de les porter et cela d’autant plus qu’il lui arrivait de les garder plusieurs jours car nous n’avions ni le temps, ni les moyens de les refaire quotidiennement. » L’effacement douloureux au laser de ces marques distinctives devenues un fardeau pour le vrai Bryon Widner sert de fil rouge à l’action du film.

Changer de vie

C’est en grande partie pour sa compagne (incarnée par la charismatique Danielle Macdonald,, la découverte de Patti Cake ($) de Jeremy Casper) que le jeune homme se reprend en main. « Mon film est une histoire d’amour qui prouve qu’on peut faire des choses incroyables pour les siens, explique Guy Nattiv. C’est dans sa famille que Bryon a trouvé les ressources pour amorcer son processus de renaissance. » Skin ne cache ni les violences commises par le jeune homme, ni celles qu’il a subies de la part de ses anciens amis après sa reconversion.

Changer d’idées

« Il me semblait important de montrer que, même quand on part de très loin, il est toujours temps de se reprendre et de changer d’idées », martèle Guy Nattiv. C’est la voie que suit son héros en compagnie d’un spectateur qui se prend d’empathie pour Bryon Widner après l’avoir méprisé. Skin se révèle une belle réflexion sur l’évolution d’un être humain en même temps qu’un feel-good movie ancré dans le réel. En bref, il s’agit d’un très bon film.