« Furie » : Un « Get Out » à l’envers sur le désespoir de ne pas pouvoir rentrer chez soi

HORREUR Olivier Abbou multiplie les références au cinéma de genre pour l’anxiogène « Furie » en salle ce mercredi

Caroline Vié

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Adama Niane dans «Furie» d'Olivier Abbou
Adama Niane dans «Furie» d'Olivier Abbou — New Story
  • Dans « Furie », un couple se fait chasser de chez lui par la nounou de leur fils à qui il a prêté sa maison.
  • La situation dégénère tandis que les héros tentent de récupérer leur bien.
  • Ce film angoissant joue avec les codes du cinéma d’horreur pour mettre les nerfs du spectateur à vif.

Olivier Abbou signe un film électrochoc avec Furie. Un couple de retour de vacances découvre que la nounou de leur fils à qui ils ont prêté leur maison refuse catégoriquement de la leur rendre. Un combat de plus en plus violent s’engage entre les anciens occupants et les nouveaux.

Le réalisateur de Territoires et de la série Maroni, les fantômes du fleuve, diffusée sur Arte, est un amoureux de cinéma de genre et le démontre avec ce long-métrage anxiogène où un paisible professeur voit toutes ses certitudes basculer au moment de défendre sa propriété.

Un homme normal poussé à la haine

« Mon film est l’inverse de Get Out, confie Olivier Abbou à 20 Minutes. Les héros se battent pour rentrer chez eux, pas pour sortir. » Furie s’appelle d’ailleurs Get In pour les pays anglo-saxons en hommage au film de Jordan Peele. Pour retrouver son chez-soi, le héros incarné par Adama Niane se laisse progressivement conduire sur la voie de la haine par son nouveau logeur joué par Paul Hamy. « C’est cette évolution qui m’intéressait, explique le réalisateur. L’envie de montrer comment un homme normal peut basculer quand on le prive de son bien m’a motivé. » On prend fait et cause pour ces braves gens qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se tirer d’affaire.

Comme une envie de vengeance

Olivier Abbou déclare avoir pensé aux Chiens de paille de Sam Peckinpah (1972) pour construire ce suspense jouant sur un personnage poussé à bout. Il est impossible de ne pas songer également à Funny Games de Michael Haneke devant la façon dont il joue avec le public. « Il est vrai que je confronte le spectateur à son envie de voir le héros se venger et donc de pratiquer des actes atroces », reconnaît-il. On ne décrira pas les détails pour ne pas déflorer le sujet mais il faut avouer que la situation va dégénérer – et pas qu’un peu – entre les différentes forces en présence. Propriétaires fumasses, locataires indélicats et bandes locales transforment le pavillon en champ de bataille.

Les tripes à vif

Les Nerfs à vif de Martin Scorsese est aussi une référence pour Olivier Abbou. Il en retrouve le suspense mettant une famille ordinaire au centre de l’action. « La montée progressive de la violence explique le titre de mon film, précise-t-il. Le scénario que j’ai coécrit avec Aurélien Molas joue sur le fait qu’on attend le moment où la furie va se déchaîner. » L’amateur de sensations fortes n’est pas déçu par ses péripéties tant ce thriller joue avec ses tripes sans oublier de parsemer le récit d’une pointe d’humour noir.