« Un Monde plus grand » : Comment Cécile de France est devenue chamane en Mongolie

CHAMANISME La réalisatrice Fabienne Berthaud entraîne Cécile de France en Mongolie pour raconter l’histoire vraie d’une chamane française dans « Un Monde plus grand » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Cécile de France dans «Un monde plus grand» de Fabienne Berthaud
Cécile de France dans «Un monde plus grand» de Fabienne Berthaud — Haut et Court
  • « Un Monde plus grand » s’inspire de l’histoire vraie de Corine Sombrun.
  • Cécile de France y joue cette Parisienne qui s’est découvert un don pour le chamanisme en Mongolie.
  • D’abord sceptique, la réalisatrice Fabienne Berthaud s’est laissée convaincre par son expérience.

Un monde plus grand de Fabienne Berthaud plonge le spectateur et Cécile de France dans un univers fascinant. La comédienne incarne Corine Sombrun, une Française qui s’est découvert un don pour le chamanisme après un séjour en Mogolie et qui a raconté son aventure dans le livreMon initiation chez les chamanes.



« J’étais sceptique quand on m’a proposé de porter cette histoire vraie à l’écran, confie la cinéaste à 20 Minutes. La rencontre de Corine Sombrun, la lecture de ses ouvrages et mes propres recherches ont balayé mes certitudes. » Fabienne Berthaud bouscule également celles du spectateur qui découvre comment cette jeune veuve a retrouvé un sens à sa vie en décidant de développer ses nouvelles capacités.

Une question de point de vue

« En Mongolie, on considère ce type de dons comme naturel alors qu’en Occident, on vous envoie à l’asile : tout est une question de point de vue », insiste la réalisatrice de Pieds nus sur les limaces. Celui de l’héroïne change du tout au tout pendant le film. D’abord incrédule, elle court les médecins et autres psychologues avant de revenir en Mongolie pour suivre une passionnante initiation au chamanisme. « Corine Sombrun était là pour nous conseiller notamment pour toutes les scènes avec les praticiens et les séquences de transe », précise Fabienne Berthaud.

Renouer avec la nature

La réalisatrice admet ne pas avoir été rassurée au moment d’aborder son sujet. « On ne sait jamais quelle entité néfaste on pourrait réveiller en tournant ce type de films », avoue-t-elle. Une rencontre avec un chamane mongol l’a tranquillisée quand il lui a donné le feu vert. « J’ai compris que ces pratiques permettent de se reconnecter avec une nature dont la société capitaliste nous a coupés », dit-elle. Les découvertes de son héroïne face à des professeures exigeantes sont montrées progressivement comme pour permettre au public de s’acclimater à ces nouvelles connaissances.

Cécile de France en danger

Son et images concourent à faire partager l’expérience. « J’ai beaucoup travaillé sur la bande-son que je considère comme une façon de transmettre l’invisible », précise la cinéaste. La performance de Cécile de France est aussi essentielle pour nous faire entrer dans ce Monde plus grand. « Son côté animal et sa sincérité ont fait des merveilles, reconnaît Fabienne Berthaud. Elle n’a pas hésité à se mettre en danger et à se donner à fond en prenant le risque d’être ridicule. » La comédienne, comme touchée par la grâce, ne donne pas envie de se moquer mais plutôt de se laisser emporter dans la réflexion mystique et philosophique que propose le film.