« Camille » : Comment la photographe Camille Lepage est devenue malgré elle une héroïne de cinéma

CENTRAFRIQUE Boris Lojkine retrace le destin tragique de la photo-journaliste Camille Lepage dans « Camille » en salle ce mercredi

Caroline Vié

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Nina Meurisse dans «Camille» de Boris Lojkine
Nina Meurisse dans «Camille» de Boris Lojkine — Pyramide Films
  • Camille Lepage s’était spécialisée dans les reportages photographiques en Centrafrique.
  • Elle n’avait que 26 ans quand elle a perdu la vie dans une embuscade en 2014.
  • Nina Meurisse est éblouissante dans ce film conçu comme un portrait et un hommage.

La photographe de presse Camille Lepage a trouvé la mort dans une embuscade en Centrafrique en 2014 à l’âge de 26 ans. Camille de Boris Lojkine revient sur le parcours de cette jeune femme passionnée. « J’ai voulu que mon film soit à la fois un portrait et un hommage », confie le cinéaste à 20 Minutes.

Nina Meurisse, éblouissante dans le rôle-titre, fait immédiatement aimer son héroïne. « Camille est un personnage cinématographique car elle a eu un destin unique dans un pays que beaucoup de gens connaissent mal », précise le réalisateur découvert à la Semaine de la Critique avec Hope en 2014.

Ne pas en faire une tête brûlée

Boris Lojkine a travaillé main dans la main avec la famille de Camille Lepage mais aussi avec ses collègues et ses amis. « Tous ont apprécié mon choix de ne pas la montrer comme une tête brûlée, précise-t-il. Camille prenait des risques mais elle était informée car c’était, avant tout, une bosseuse. » Pour ne pas la trahir, Boris Lojkine s’est livré à un énorme travail de documentation et a tiré trois cents pages de ses diverses rencontres avec les proches de la jeune femme. « Sans l’avoir rencontrée, je suis sans doute la personne qui la connaît le mieux, avoue-t-il. Je suis peut-être le seul à avoir eu accès à toutes ses facettes. »

Etre crédible en Camille

Nina Meurisse a pu s’appuyer sur ce travail préparatoire pour construire sa composition. Elle a même appris la photo et couvert diverses manifestations afin d’être crédible. « Camille était quelqu’un de volontaire qui ne se laissait pas intimider », précise le réalisateur. La détermination de la jeune femme émerveille quand elle tient tête à des guerriers ou s’impose face à des collègues machos. « J’ai privilégié la fiction au documentaire parce que je voulais faire ressentir des émotions avec son histoire », dit Boris Lojkine. Bien que le public soit fixé dès le début du film sur sa destinée, il vibre pour l’héroïne.

La vision de Camille

On ne saura jamais ce que serait devenu le style de la photographe avec la maturité. « J’aimerais que le spectateur finisse par avoir la vision de Camille et qu’il ne la prenne pas de haut, insiste Boris Lojkine. J’ai, pour ma part, la plus profonde admiration pour elle qui a choisi de se mêler à la population, plutôt que de rester en sécurité au bar d’un hôtel de luxe comme le font certains photoreporters. » Camille Lepage a payé cher son engagement. Le spectateur sort de la salle avec un immense respect pour elle et pour sa profession.

Hommage à Camille Lepage à Paris, obsèques à Angers