Geena Davis : Son festival de cinéma dans l'Arkansas « comptait 86 % de réalisatrices en mai dernier »

DEAUVILLE US Connue pour son rôle dans « Thelma et Louise », Geena Davis présentait à Deauville présenter « Tout peut changer », un documentaire sur la place des femmes à Hollywood

Caroline Vié

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Geena Davis à Deauville.
Geena Davis à Deauville. — Caroline Vié
  • Geena Davis est un pilier de la lutte pour une meilleure représentation des femmes à l’écran.
  • Parce qu'elle trouve que les progrès sont lents dans ce domaine, elle a produit un documentaire, « Tout peut changer », pour montrer à quel point le chemin vers la parité est semé d’embûches.
  • Ce film, projeté à Deauville, sortira au cinéma le 8 janvier 2020.

De notre envoyée spéciale à Deauville

Geena Davis fait partie des stars honorées au Festival de cinéma américain de Deauville. On l’y célèbre non seulement pour sa carrière de comédienne (La Thelma de Thelma et Louise, c’était elle) mais aussi pour son combat pour une meilleure représentation des femmes à Hollywood.

Le passionnant documentaire Tout peut changer de Tom Donahue, qu’elle a produit, sortira dans les salles françaises le 8 janvier 2020. Il couronne un parcours riche en bons films. « J’ai commencé ma carrière en slip et soutien-gorge dans Tootsie avec Dustin Hoffman, je ne le regrette pas car la liberté pour une femme est aussi de pouvoir choisir de jouer en sous-vêtements mais il faut qu’elle puisse faire autre chose. »

La solidarité féminine

Autre chose, Geena Davis l’a fait en créant sa propre société de production et le Geena Davis Institute on Gender in Media, organisation destinée à améliorer la place et la représentation des femmes sur le grand et le petit écran. « Bien sûr qu’il peut y avoir de la solidarité entre les femmes, cela me tape sur les nerfs quand les gens prétendent que c’est impossible !, s’exclame-t-elle. Des mouvements comme #Time’sUp prouvent qu’on peut faire front commun pour défendre nos droits. » Les progrès sont lents selon la comédienne qui s’agace de voir que les mentalités mettent tant de temps à changer.

Le droit de se plaindre

« La grande avancée est que, maintenant, les femmes ont le droit de se plaindre sans se faire virer, mais il y a encore beaucoup à faire pour obtenir l’égalité en termes de respect et d’égalité salariale. » Geena Davis lutte avec une belle énergie pour permettre aux femmes de s’exprimer. Elle a créé un festival de cinéma à Bentonville, en Arkansas. « Nous avions une sélection comptant 86 % de réalisatrices en mai dernier, dit-elle. C’est une question de volonté et de choix. » La comédienne n’entend pas se laisser dicter les siens. Dans la série Glow, c’est elle qui a demandé à apparaître couverte de plumes et paillettes en show girl sexy.

La parité en festival

Geena Davis croit à la parité dans les sélections et de citer un festival de courts-métrages australien dont l’exemple l’a marquée. « Les sélectionneurs avaient enlevé les noms des réalisateurs et ils sont arrivés à une parité parfaite alors que l’année précédente seulement 17 % de réalisatrices étaient retenues, explique-t-il. Cela démontre que les talents féminins ne manquent pas mais que les femmes subissent une vraie discrimination. » La comédienne est résolue à ce que cela cesse. A Deauville, elle a même rencontré des membres du collectif 5050 en 2020 pour échanger leurs points de vue.

Geena et sa cabine

Son engagement en faveur des femmes n’a pas entamé le sens de l’humour de Geena Davis. « J’ai été surprise quand j’ai vu sur mon planning que j’allais avoir une cabine de bain à mon nom, s’amuse-t-elle. Il a fallu qu’on me montre une photo de Cate Blanchett inaugurant la sienne de quoi il s’agissait. » Cette femme engagée mérite de figurer en bonne place sur les Planches.