« Deux moi » : Comment les réseaux sociaux ont rendu Ana Girardot « plus seule que jamais »

COMEDIE ROMANTIQUE Ana Girardot incarne une jeune femme aux prises avec la solitude malgré les réseaux sociaux dans « Deux moi » de Cédric Klapisch, ce mercredi au cinéma

Caroline Vié

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Ana Girardot dans «Deux moi» de Cédric Klapisch
Ana Girardot dans «Deux moi» de Cédric Klapisch — Studio Canal
  • Dans « Deux moi », Cédric Klapisch filme les solitudes parallèles de deux trentenaires qui pensent trouver l'amour grâce aux réseaux sociaux
  • Ana Girardot, qui incarne l'un des deux, regrette que les écrans ne fassent qu'éloigner les gens de leur vraie vie.

Deux trentenaires en quête de l’âme sœur dans Paris, c'est le sujet de Deux moi. Sur une Carte du Tendre version 2.0, Cédric Klapisch retrace les parcours parallèles d' Ana Girardot et de François Civil, deux solitaires tentant de trouver l’amour via leurs téléphones portables. 

« Les réseaux sociaux sont censés nous rapprocher des autres, précise Ana Girardot à 20 Minutes. On passe tant de temps les yeux fixés sur nos écrans qu’on est plus seuls que jamais. » Cédric Klapisch retrouve les comédiens qu’il avait déjà dirigés dans Ce qui nous lie. Il a écrit pour eux ce conte moderne pétillant à souhait.

Isolés dans la cité

« Les héros du film sont chacun dans leur bulle, insiste Ana Girardot. Ils sont isolés dans une ville pleine de monde. Comme beaucoup de gens aujourd’hui, ils se concentrent plus sur leurs téléphones que sur leurs vraies vies. » La solitude est le thème principal de Deux moi dont le titre ironique souligne la cruauté. Mélanie et Rémy se noient dans la cité. Bien qu’ils vivent dans le même immeuble, ces deux êtres, que le spectateur imagine faits l’un pour l’autre, ne se regardent pas et peinent donc à se rencontrer.

Chez le psy

Pour sortir de la déprime, chacun se confie à son psychiatre respectif (joués par Camille Cottin et François Berléand, fort drôles). « Dans tout ce bordel, les deux trouvent chez leurs psys de vraies personnes à qui parler, un contact humain que les réseaux sociaux ne peuvent remplacer », précise Ana Girardot. Ces séquences où les héros se cherchent avant de finir par se trouver amusent et font réfléchir à l’absurdité du monde moderne. Il y a un peu de nous dans ces personnages à la dérive car Cédric Klapisch les rend immédiatement attachants.

L’amour et l’amitié sur l’écran

C’est sur les applis de rencontres que le duo cherche vainement l’amour. « C’est flippant de penser que ce sont des algorithmes qui vous disent qui est fait pour vous !, s’exclame Ana Girardot. Heureusement que cela ne fonctionne pas vraiment. » Coups d’un soir ou copains de lycée brièvement retrouvés (Pierre Niney, irrésistible) ne sortent pas le duo de la déprime. Pourtant, chacun se reconstruit doucement jusqu’à un dénouement revigorant, gorgé d’espoir. « Il faut que nous arrêtions de nous comparer les uns aux autres par écrans interposés et que nous vivions vraiment », martèle Ana Girardot. C’est le message que distille malicieusement Deux moi.