« La Vie scolaire », le retour réussi de Grand Corps Malade et Mehdi Idir dans un collège du 9-3

RENTREE Après « Patients », Grand Corps Malade et Mehdi Idir puisent de nouveau dans leurs jeunesses pour « La Vie scolaire » en salle ce mercredi

Caroline Vié

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«La Vie scolaire» de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
«La Vie scolaire» de Grand Corps Malade et Mehdi Idir — Gaumont distribution
  • Grand Corps Malade et Mehdi Idir plongent dans « La Vie scolaire » d’un collège de banlieue.
  • Les réalisateurs retrouvent le ton entre comédie et drame qui faisait le charme de leur premier film « Patients ».
  • Ils livrent un film optimiste et grave sur l’éducation et les bonnes volontés qu’elle génère dans un contexte difficile.

Retour réussi pour Grand Corps Malade et Mehdi Idir. Avec le mélange d’humour et de tendresse qui leur avait si bien réussi pour Patients, les deux réalisateurs replongent dans la banlieue où ils ont passé leur scolarité dans 
La vie scolaire. Ce nouveau film fait partager le quotidien d’une CPE (conseillère principale d’éducation) fraîchement débarquée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) depuis son Ardèche natale.

Les complices ont réuni leurs souvenirs du milieu des années 1990 qu’ils ont transposés à notre époque. « Il a fallu se remettre dans le bain, aller sur place pour observer, nous explique Mehdi Idir. Pour autant, on savait que des scènes vécues en 1994 pouvaient sonner justes en 2019. Il y a des constantes. » Et on y croit quand leur héroïne, jouée par la lumineuse Zita Henrot, tente de régler les problèmes d’élèves et d’enseignants tous plus délirants les uns que les autres.

Des histoires presque vraies

Comme dans Patients où Grand Corps Malade revenait sur son expérience à l’hôpital, Mehdi Idir et lui ont revisité leur passé et puisé dans diverses anecdotes qu’on leur a racontées pour écrire leur film avant de choisir qui allait être leur héroïne. « Une CPE traite dix problèmes différents par heure. Elle est en contact avec les parents, les élèves, le personnel administratif, les professeurs », insiste Mehdi Idir. Entre le gamin mythomane qui invente des excuses ahurissantes pour expliquer ses retards, le surveillant qui achète de la drogue à un élève et la mère d’élève aussi délurée que sa fille, la conseillère a de quoi s’occuper entre crises de rire et bouffées de compassion.

Au cœur du 9-3

Par-delà les personnages frappadingues, les cinéastes rendent hommage aux enseignants et aux habitants du 9-3. Ils ont recruté certains de leurs acteurs sur place et les ont fait répéter pendant quinze jours dans une salle de classe. « Le groupe a existé dès les répétitions, insiste Grand Corps Malade. C’est la magie des gamins. Ils sont vifs, intelligents, comprennent vite, s’approprient le texte et amènent le rôle ailleurs. » La spontanéité des jeunes donne l’impression de partager leur année. On pense immédiatement à Mehdi Idir devant le jeune Yanis, turbulent mais bourré de créativité et d’envie de réaliser des films, que l’héroïne prend sous son aile.

Il y a autant d’humour que de gravité dans La Vie scolaire, mais surtout une immense générosité à l’égard de ses personnages auxquels on s’attache dans leur force et leur faiblesse.