« Une fille facile » : L’ex-escort girl Zahia Dehar se réinvente en actrice éblouissante

NOUVELLE CARRIERE Zahia Dehar révèle une magnifique nature de comédienne dans « Une fille facile » de Rebecca Zlotowski, dans les salles ce mercredi

Caroline Vié

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Zahia Dehar et Mina Farid dans «Une fille facile» de Rebecca Zlotowski
Zahia Dehar et Mina Farid dans «Une fille facile» de Rebecca Zlotowski — Ad Vitam
  • Dans « Une fille facile », l’ancienne escort girl Zahia Dehar trouve son premier grand rôle au cinéma.
  • Elle est éblouissante dans le rôle d’une jeune femme séductrice entraînant sa cousine dans de folles aventures avec deux hommes et leur yacht.
  • Ce film primé à Cannes prouve que la jeune femme a un beau potentiel d’actrice.

Vous souvenez-vous de Zahia Dehar ? L’ancienne escort girl s’était fait connaître dans la rubrique faits divers en 2010. Une fille facile de Rebecca Zlotowski, récompensé ce printemps à la Quinzaine des Réalisateurs, brode sur son image sulfureuse mais révèle surtout le potentiel de comédienne de la jeune femme.

« C’est que Zahia et moi soyons si étrangères en tout point qui m’attirait au départ, explique Rebecca Zlotowski dans le dossier de presse. La manière qu’elle a de mettre l’accent sur le féminin dans ce qu’il a de plus exacerbé et éculé m’a fascinée. » C’est après l’avoir rencontrée que la réalisatrice a écrit le personnage de Sofia.

Un charisme à la Bardot

Sofia, c’est de la séduction à l’état pur. Au cours d’un été gorgé de soleil, elle entraîne sa cousine de 16 ans (incarnée par Nina Farid, elle aussi dans son premier rôle au cinéma) sur le yacht d’un homme riche ( Nuno Lopez) et de son meilleur ami ( Benoît Magimel).

Zahia Dehar est éblouissante dans la peau d’une jeune femme sensuelle et profondément naturelle qui sait veiller au grain pour sa jeune parente. « Elle a un côté Bardot libanaise, syrienne ou italienne, impossible à définir, à l’opposé des jeunes femmes qui gravitent dans la téléréalité », précise Rebecca Zlotowski.

Héroïne d’un conte amoral

L’argent et le pouvoir sont au centre de ce conte amoral où Zahia Dehar fait montre d’un naturel confondant qui nie toute vulgarité. L’approche que son personnage a du sexe et des hommes peut déranger mais la mise en scène toute en finesse de la réalisatrice met son interprète en valeur sans pour autant cacher la mélancolie inévitable de la fin des vacances.

« Le titre du film est malicieux précise-t-elle. Pour moi, cette fille facile est une fille puissante, insiste Rebecca Zlotowski. Je voulais proposer un autre regard sur une femme que la société, au mieux moque, au pire méprise. »

Tendresse et épanouissement

La tendresse de la réalisatrice à l’égard de son héroïne permet à Zahia Dehar de s’épanouir dans son rôle de belle plante lectrice de Marguerite Duras et s’exprimant avec l’élégance d’une précieuse digne d’un film d’Eric Rohmer.

Il est impossible de prédire si la jeune femme fera carrière au cinéma, ni si elle sera aussi crédible dans un registre différent, mais ce film lui offre un écrin digne de son charisme indéniable. On s’attache à cette fille facile, au point d’avoir envie de la serrer fraternellement dans ses bras pour la protéger des rigueurs d’un monde trop prompt à la traiter par le mépris.

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