VIDEO. Sneazzy: «Jouer un surfeur dans "La Source", c'est le type de défis qui me fait aimer la vie»

INTERVIEW Sneazzy et Christophe Lambert sont devenus complices sur le tournage du film de surf « La Source » en salle le 24 juillet

Caroline Vié

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Christophe Lambert et Sneazzy dans «La Source» de Rodolphe Lauga
Christophe Lambert et Sneazzy dans «La Source» de Rodolphe Lauga — Apollo Films
  • Dans « La Source », le rappeur Sneazzy tient son premier rôle à l’écran.
  • Il incarne un jeune de banlieue qui rêve de devenir surfeur.
  • Christophe Lambert joue son entraîneur bienveillant et paternel.
  • Tous deux se sont liés d’amitié sur le tournage.

C’est un duo improbable que Rodolphe Lauga a réuni dans La Source : Sneazzy et Christophe Lambert. Le rappeur de 27 ans, cofondateur du groupe 1995, y incarne un jeune de banlieue rêvant de devenir champion de surf. L’acteur sexagénaire joue l’entraîneur qui l’encourage en commençant par lui apprendre à… nager dans la piscine municipale.

Sur le thème éternel du dépassement de soi, ce conte riche en valeurs positives offre un premier rôle en or au rappeur qui fait ses premiers pas comme comédien en donnant aussi la réplique à Fred Testot et Alice David. Pendant le tournage, Sneazzy semble avoir noué une réelle complicité avec Christophe Lambert. C’est donc en binôme qu’ils ont accepté de répondre aux questions de 20 Minutes.

En quoi le thème de ce film vous a-t-il touché ?

Christophe Lambert : Je sais ce que c’est que de caresser un rêve qui semble inaccessible. Tout acteur en est plus ou moins passé par là bien que j’ai eu la chance de réussir jeune. La Source dit qu’il faut s’accrocher quoi qu’il arrive et j’estime que c’est vrai.

Sneazzy : Le cinéma me trottait dans la tête depuis un moment. Jouer un surfeur, c’est le type de défis qui me fait aimer la vie. Il a fallu que j’apprenne à monter sur la planche et que je sois aussi au niveau pour le jeu d’acteur.

C’est difficile de faire l’acteur pour la première fois ?

CL : Je n’ai pas eu l’impression que Sneazzy souffrait. Je ne sais pas si c’est sa carrière musicale qui lui a donné une telle prestance devant la caméra, mais tout semblait lui venir de façon naturelle, presque sans effort.

S : Christophe exagère ! Mon secret est que je marche à l’instinct sans trop me prendre la tête ni être prétentieux. Jusqu’à maintenant, cet équilibre m’a plutôt réussi. La seule chose qui m’angoissait un peu était le surf.

Comment êtes-vous devenus si complices ?

S : Le réalisateur nous avait présentés avant le tournage, sinon je crois que j’aurais été pétrifié. Christophe est aussi bienveillant que son personnage dans le film. Il se dégage de lui une grande douceur qui n’a rien d’intimidant. Il n’a pas la grosse tête.

CL : J’étais fasciné par Sneazzy qui a balayé tous les poncifs que je pouvais avoir entendus sur les rappeurs. Il m’a initié à cette musique et m’a convaincu que ces chanteurs-compositeurs sont d’incroyables bosseurs qui se créent des personnages de durs sans l’être réellement.

Un peu comme les acteurs ?

CL : J’ai effectivement connu des comédiens comme ça. Je pense notamment à Mickey Rourke qui ne savait plus trop faire la différence entre la fiction de ses rôles et la réalité. Je pense que Sneazzy ne tombera jamais dans ce travers : il se réinventera constamment ce qui est le secret de la longévité pour un artiste.

S. Jouer la comédie, c’est effectivement ce que font pas mal de rappeurs en se donnant une image de « gangsta » alors que ce sont des types adorables dans la vraie vie. Cela peut être dangereux, peut-être plus encore que pour les comédiens car des gamins peuvent les prendre en exemple. C’est aussi pour ça que les valeurs que défend La Source me paraissent importantes à soutenir.