VIDEO. «Rabbi Jacob»: «Il me faut un magnéto et rester seul avec Monsieur Louis de Funès»

Y VA DANSER Ilan Zaoui, chorégraphe, est arrivé sur le tournage de «Rabbi Jacob» par hasard

M.G.

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Rabbi Jacob en 4K: Connaissez-vous vraiment bien la danse du film ? — 20 Minutes

A l’occasion de la nouvelle restauration 4K de Rabbi Jacob, 20 Minutes a rencontré Ilan Zaoui, le chorégraphe de la célèbre danse sur laquelle s’exécute Louis de Funès.

Quel est le secret pour bien réaliser cette danse ?

Si je parle de la technique : pratiquement tous les pas prennent appui sur la jambe droite ! Non, mais sans rire, le vrai secret de cette danse, c’est qu’elle soit très bien interprétée et, ici, en l’occurrence, par Louis de Funès. Pour réaliser cette chorégraphie, j’ai été inspiré par toute la littérature qui tournait autour du monde hassidique. Cette littérature parle des communautés juives d’Europe de l’Est, de leur souffrance, de leur pauvreté. Ces communautés exprimaient leur religion à travers une ferveur, elles ont lancé ce mouvement de danser pendant la prière : se taper le cœur, s’exprimer vers le ciel, rentrer en soi,… Dans la gestuelle de cette danse, on retrouve cette notion de dialogue : avec soi, avec l’autre, avec Dieu.

En 1973, vous débarquez par hasard sur le lieu du tournage de Rabbi Jacob, et Gérard Oury, le réalisateur n’avait pas prévu cette danse…

La danse n’avait pas du tout été écrite dans le film ! Mais Gérard Oury nous a vus danser avec la troupe en banlieue et il nous a fait auditionner : c’était mémorable. Toute l’équipe du film de Gaumont était là dans ce studio de danse. Et ça a fonctionné, ils m’ont embauché. Pour la première répétition, on est venu me chercher en Roll’s Royce pour me conduire au studio de Boulogne-Billancourt.

Louis de Funès est arrivé avec ses assistants, ses maquilleuses. Moi j’étais tout seul face à cette méga star et j’ai seulement dit : « Il me faut un magnéto et rester seul avec Monsieur de Funès. » Il m’a regardé et m’a fait un grand sourire d’approbation. Il était formidable, c’était un bon élève discipliné. Il était une star et moi j’étais un petit chorégraphe sympathique, mais il a toujours accepté que je sois son prof, il n’a jamais rien contesté.

Comment expliquez-vous le succès de cette danse, même 45 ans après ?

Personne ne se doutait de l’influence de cette danse. Après la sortie du film, personne n’en parlait et tout d’un coup, elle est revenue. On peut expliquer son succès par sa gaîté, une gaîté qui n’est pas stupide. Les gens ont été touchés par le côté rigolo, le côté fraternel du film, et son scénario qui se moquait du racisme. La gestuelle également a plu, les gens ont dû se voir dans cette danse, qui n’est pas simple, mais tout le monde la mime.