«Golden Glove»: Pourquoi les tueurs en série du cinéma européen sont plus dérangeants que les autres

SERIAL KILLERS Comme l’avait fait Lars Von Trier avec « The House That Jack Built », Fatih Akin montre que les Européens ont une façon bien à eux de traiter les tueurs en série avec « Golden Glove », en salle le 26 juin

Caroline Vié

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Jonas Dassler dans «Golden Glove»  de Fatih Akin
Jonas Dassler dans «Golden Glove» de Fatih Akin — Pathé
  • Comme Lars Von Trier avec « The House That Jack Built », Fatih Akin montre avec « Golden Glove », en salle le 26 juin, que les Européens ont une façon bien à eux de traiter les tueurs en série.
  • Lars Von Trier fait faire des sculptures macabres à son héros. Fatih Akin nimbe les actes répugnants de son tueur de chansons tirée de la variété allemande ringarde des 70's, apportant un côté franchement décalé à ses actes de violence. 
  • Les deux réalisateurs ont un sens de l’humour noir qui rend leurs œuvres difficilement finançables ailleurs qu’en Europe.

 

Mais pourquoi font-ils si peur ? Les tueurs en série vus par des réalisateurs européens créent le malaise que ce soit dans Golden Glove de Fatih Akin en salle aujourd’hui ou dans The House That Jack Built de Lars Von Trier, disponible en vidéo chez Potemkine. Loin des films d’horreur « bouh fais-moi peur », ce duo d’œuvres atypiques est vraiment dérangeant.

Les deux maniaques de ces films ont pour point commun d’aimer tuer leurs prochains et d’y mettre du cœur. Celui du film de Fatih Akin, incarné par l’inquiétant Jonas Dassler qu’on n’aimerait pas croiser au coin d’une ruelle, est inspiré d’un véritable tueur en série qui a sévi dans le Hambourg des années 1970. Celui du film de Lars von Trier, joué par le beau Matt Dillon, est purement fictif. 20 Minutes explique pourquoi le spectateur se tortille sur son siège en les voyant.

Vous avez dit malsains ?

Les tueurs en série ne sont évidemment jamais des modèles d’équilibre mais ces deux-là font carrément du zèle. Lars Von Trier s’amuse des rodomontades de son assassin, fier de tueries qu’il considère comme de l’art. A l’image de son confrère danois, Fatih Akin suit de très près les agissements d’un fou furieux d’autant plus atroces qu’on sait qu’ils sont inspirés de ceux du vrai Fritz Honka, connu pour couper des dames en morceaux et les conserver chez lui. Le gore est au rendez-vous dans les deux films.

Drôles de drames

Les deux réalisateurs ont un sens de l’humour noir qui rend leurs œuvres difficilement finançables ailleurs qu’en Europe. Lars Von Trier fait faire des sculptures macabres à son héros. Fatih Akin nimbe les actes répugnants de son tueur de chansons tirées de la variété allemande ringarde des 70’s, apportant un côté franchement décalé à ses actes de violence. Même s’il arrive qu’on rie (souvent jaune ou nerveusement), les deux films sont interdits aux moins de 16 ans parce qu’ils ne sont franchement pas adaptés aux goûts des fans de saga plus soft comme Paranormal Activity ou Conjuring.

Aux frontières du cinéma d’horreur

Les deux cinéastes jonglent avec les codes du cinéma de genre. Ils savent faire flipper dès que l'un des tueurs se rapproche d'une proie potentielle. Si Lars Von Trier explore l’enfer au sens propre du terme en y envoyant rôtir son Jack, Fatih Akin entraîne le public au Golden Glove, bar sordide qui donne son titre au film. La Cour des Miracles formée par les consommateurs fascine, car elle a bien existé. La pauvre humanité filmée sans pitié ajoute à l’impression de profond malaise qui se dégage du film. C’est évidemment ce qui le rend aussi dur que passionnant.