VIDEO. «Yves»: William Lebghil et Philippe Katerine en plein conflit de technologie

INTERVIEW CROISEE Philippe Katerine et William Lebghil sont réunis autour d’un réfrigérateur connecté dans « Yves », une comédie d’anticipation signée Benoît Forgeard, en salles ce mercredi

Propos recueillis par Stéphane Leblanc

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Yves avec Philippe Katerine et William Lebghil
Yves avec Philippe Katerine et William Lebghil — Ecce Films
  • « Yves » est une comédie d’anticipation ayant un réfrigérateur connecté comme personnage principal.
  • Yves a beaucoup plus de talent que Philippe Katerine et William Lebghil réunis, du moins son personnage de machine dans le film.
  • Normal que les deux acteurs s’en méfient un peu, comme ils l’ont confié à « 20 Minutes ».

Les deux comédiens Philippe Katerine et  William Lebghil sont particulièrement complices dans Yves, le nouveau film de Benoît Forgeard, en salles ce mercredi. Le premier est le manager du second, rappeur et loser (plus loser que rappeur). Ils se respectent, s’adorent même, mais s’opposent sur la suite à donner aux propositions d’un réfrigérateur connecté.

20 Minutes a rencontré les deux acteurs sur la plage de la Quinzaine des réalisateurs, fin mai au Festival de Cannes. Et si Will s’avoue tenté par les mondes connectés, Phil préfère couper la connection, comme il lui est arrivé par le passé de couper le son.

C’est quoi votre rapport aux machines, à la technologie ?

Philippe Katerine : La technologie, comment vous dire… eh bien, je prends mes distances hein, quand même. C’est pas que je m’en méfie, mais je préfère vivre nu… Vivre nu, ça veut dire que si je peux éviter les téléphones, je suis content… Et puis je n’aime pas avoir un maximum d’informations, mais un minimum. Parce que je fais le tri… sélectif !

William Lebghil : Eh bien, moi aussi j’aime bien vivre nu, mais quand même, je peux constater que j’ai une certaine dépendance aux machines, oui… et à l’intelligence artificielle aussi. Les machines portables, pour téléphoner, etc. C’est vrai que j’en viens même parfois à éprouver des émotions.

Vous verriez-vous avec un frigo intelligent comme Yves à la maison ?

William Lebghil : Pour avoir eu la chance de rencontrer Yves, je dois dire quand même que c’est quelqu’un d’unique, et de vraiment très séduisant.

Philippe Katerine : Il est amoureux, qu’est-ce que vous voulez ! Ah bah oui, c’est ton partenaire ! Evidemment, moi j’ai plus de distance. Dans le film, je suis l’imprésario de William, et je suis méfiant par rapport à cette intelligence artificielle. Il me pique mon boulot, alors je ne suis pas très content !….

Et il a raison, Philippe Katerine, de ne pas être très content. Car en aidant le personnage de rappeur qu’incarne William Lebghil à composer des tubes, Yves va leur voler la vedette et attiser leur colère et leur ressentiment. Amusant de voir que ce n’est pas l’objet connecté le méchant de l’histoire, mais l’homme qui l’a créé ou celui qui en abuse.