De «Voyage au bout de l'enfer» à «Pulp Fiction», Christopher Walken revient sur ses rôles les plus marquants

INTERVIEW Invité d’honneur du Champs-Elysées Film Festival, Christopher Walken a profité de son passage à Paris pour évoquer ses rôles les plus marquants pour « 20 Minutes »

Caroline Vié

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Christopher Walken aux Oscars en 2018
Christopher Walken aux Oscars en 2018 — Rob Latour/Shutterstock/SIPA

Christopher Walken se fait rare dans les médias. Et voilà qu’à 76 ans, l’acteur américain est honoré au Champs-Elysées Film Festival : une bonne occasion de revenir sur les rôles les plus marquants de sa carrière. « Je n’ai pas d’enfants donc j’ai dit "oui" à tous les films qu’on me proposait », confie l’acteur américain à 20 Minutes. Christopher Walken a donc tourné dans plus de 100 longs-métrages, parmi lesquels « certains ne sont même pas sortis tant ils étaient mauvais » [l’acteur refuse de dire lesquels]. Chris Walken [il déteste qu’on l’appelle Christopher] a accepté de commenter les rôles qu’il a préféré jouer… qui sont souvent ceux des films les plus marquants.

Le frère de l’héroïne dans « Annie Hall » de Woody Allen

Dans ce film oscarisé en 1978, Christopher Walken incarne le frère un brin psychotique de l’héroïne jouée par Diane Keaton. « Le tournage n’a duré que deux jours car je n’ai que deux scènes mais je crois que ce film a défini ce que beaucoup de réalisateurs ont recherché chez moi par la suite. Quand on me voit conduire à toute vitesse le regard dans le vide, on a l’impression que je suis vraiment fou à lier. »

Le soldat traumatisé de « Voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino

L’acteur a reçu l’Oscar du meilleur second rôle en 1979 pour ce personnage adepte de la roulette russe. « Ce film est celui qui m’a fait connaître dans le monde entier. J’en garde le souvenir d’un tournage intense, plus encore dans les scènes d’intimité que dans les séquences de guerre. Je dois aussi à Michael Cimino d’avoir rencontré Isabelle Huppert. Elle était une gamine qui déjà, dans Les Portes du Paradis, avait un talent ahurissant. »

Le parrain de « The King of New York »

Ce gangster charismatique a marqué sa première collaboration pour Abel Ferrara l’a dirigé trois fois ensuite dans Nos funérailles et The Addiction et New Rose Hotel. « Travailler avec Abel Ferrara était une aventure. Pour The King of New York, on a tourné dans la vraie prison de Sing Sing puis sur un toit new-yorkais où j’ai dû jouer une scène de douche dans une cabine qu’il avait fait monter exprès sur place. On ne s’ennuyait jamais avec lui. Je ne l’ai pas revu depuis des années et il me manque. »

Le vétéran de « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino

Quiconque a vu Pulp Fiction (1995) se souvient de la tirade de Christopher Walken venu rapporter la montre de son meilleur ami décédé au fils de ce dernier. « J’avais huit pages à apprendre mais comme j’avais déjà joué Shakespeare au théâtre, cette longueur de texte ne m’a pas fait peur. Les dialogues de Quentin Tarantino sont tellement travaillés que c’est un bonheur de les dire. C’est presque comme de la musique. Mon seul souci était de garder mon sérieux à la fin quand j’annonce à l’enfant où était cachée la fameuse montre. »

Le souteneur de « Tout l’or du ciel » d’Herbert Ross

Cette comédie musicale permet à Christopher Walken de déployer ses étonnantstalents de danseur , notamment à l’occasion d’une scène de strip-tease. « La danse est ma passion. C’est grâce à ce film que Spike Jonze m’a proposé de mettre au point et de jouer dans le clip de Weapon of Choice de Fatboy Slim. Là, j’ai carrément réglé la chorégraphie que nous avons tournée en douze heures dans un hall d’hôtel. L’un de mes plus beaux souvenirs parce qu’on voit que j’ai le sens de l’humour bien que j’aie joué beaucoup de rôles de fous. »

Michael Cimino, réalisateur de «Voyage au bout de l'enfer», a beaucoup marqué Christopher Walken